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mercredi 13 février 2008 15:47

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« Dead Man », western monotone

par Edouard Waintrop

tags : cinéma d’auteur , cinéphilie , le coin du cinéphile

Johnny Depp dans Dead Man. DR

Dead man (1995) de Jim Jarmush, avec Johnny Depp, Gary Farmer, Gabriel Byrne, Robert Mitchum, Alfred Molina, Iggy Pop, Billy Bob Thornton, musique originale de Neil Young, noir et blanc 134 minutes, BAC films, 15 euros.

Le western de Jim Jarmush ! « Légalement », c’est vrai, c’est un western : Dead Man se passe dans l’Ouest, au XIXe siècle, on y voit des combats au revolver, des Indiens, des forêts, des chasseurs de prime assoiffés de violence, et des shériffs. Mais est-ce suffisant pour faire vraiment de Dead Man un cousin de My Darling Clementine ou de Johnny Guitar ? Certainement pas.

On ne trouve pas ici le sens de l’espace des anciens (Hawks, Ford, DeMille), ni leur capacité à raconter des histoires en jouant sur les changements de ton, ni le sens du tragique, sans lequel pourtant il est impossible de mener une épopée, ce qu’est toujours un bon western. Dans Dead Man, il y a monotonie (au sens strict du terme). Avec un décalage, une assez inutile volonté de se démarquer du genre, qui révèle un vrai manque de confiance. Jarmush se prémunit avec une référence à la grande culture (William Blake), qui reste un peu naïve. Dead Man est un délire doux, un peu triste et ironique, qui se voudrait romantique (toujours la référence explicite à William Blake) mais semble plus inspiré par Sergio Leone que par Nicholas Ray. Est-ce pour autant un mauvais film ?

Ben oui un peu. En tout cas bien moins bon que Ghost Dog et que Broken Flowers. C’est en tout cas un drôle d’objet mal foutu, une œuvre inaboutie. Une sorte de banc d’essai, d’exercice de style, un peu comme Coffee and Cigarettes. Avec la même prolifération un peu vaine d’acteurs sensationnels, souvent utilisés rapidement, et trop vite oubliés. Robert Mitchum, dont c’est le dernier rôle au cinéma, a deux scènes. Pas vraiment étonnantes.

Billy Bob Thornton est bien moins intéressant ici qu’avec les frères Coen, Iggy Pop est exhibé comme icône... Il y a des clins d’œil un peu appuyés et sans signification liée au film (les deux shériffs nommés Lee et Marvin). Il y a beaucoup de coups gratuits dans ce film long. Mais aussi quand même, quelques belles choses.

D’abord Johnny Depp, qui joue le protagoniste de ce film, une sorte d’antihéros qui se nomme William Blake comme le poète et peintre britannique (1757-1827). Il est aussi bon ici qu’avec Tim Burton. Ensuite il y a Gary Farmer, le moins connu des acteurs importants de ce film. Il incarne l’Indien qui va mener Bill Blake sur le chemin sanglant de son initiation. Nobody est son nom. La musique spectrale de Neil Young est magnifique. Les déclamations des vers de William Blake... le vrai, le poète, par Farmer et Depp, sont superbes... Malheureusement le tout est dépareillé, jamais emballé dans un élan.

En bonus de ce DVD, des scènes coupées au montage.


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