Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 20 octobre 2009 10:44

  • télévision

Dealer, à toutes fins utiles

par Bruno Icher

tag : série

Grâce à ses connaissances en chimie, Walt fabrique un speed à décoller les gencives. Photo Sony Pictures Television Inc.

Breaking Bad sur Orange Cinémax, le mardi, 20h40.
Le 20 octobre : Saison 1, épisodes 1 et 2/7

Longtemps avant que la banque Lehman Brothers ne mette la clé sous la porte, des signes avant-coureurs de la crise s’étaient manifestés, en particulier à la télévision américaine où les séries sont souvent un bon baromètre de leur époque. Breaking Bad, diffusée sur la petite chaîne AMC, n’est pas spécifiquement consacrée à cette dégringolade financière dont la planète tente de se remettre actuellement, mais baigne dans l’atmosphère puissamment dépressive d’une Amérique qui ne sait plus très bien où elle en est.

Première originalité, l’action se déroule au Nouveau-Mexique, dans la quiétude onctueuse d’Albuquerque où, dès les premières minutes, on a bien compris qu’il ne se passe rien hormis le barbecue du samedi soir entre voisins. Or, pour peu que l’on observe d’un œil vaguement inquisiteur cette normalité anesthésiée, c’est évidemment une autre histoire. En l’occurrence, celle d’un prof de chimie plus tout jeune qui, en plus d’affronter quotidiennement l’ennui abyssal de ses élèves, s’oblige à faire un deuxième boulot - caissier dans une laverie de voitures - pour apporter à sa petite famille l’illusion que cette vie vaut le coup d’être vécue. Autrement dit, s’endetter jusqu’à l’os pour posséder une maison moche en banlieue, deux voitures, une piscine et, donc, un barbecue. Sa femme, plus jeune que lui et récemment enceinte, s’en contente de même que leur grand fils, affligé d’un léger handicap psychomoteur.

Sauf que non, cette vie est décidément un monument d’injustice. Walt (extraordinaire Bryan Cranston), notre prof taciturne à la moustache rase et aux pulls jacquard, n’a pas seulement raté la carrière de grand scientifique dont il rêvait. Le voilà plombé d’un cancer du poumon qui ne lui laisse que quelques mois à vivre. Lui qui n’a jamais tiré une seule taffe de cigarette, c’est bien sa chance.

Alors, perdu pour perdu, il se lance dans un baroud d’honneur dont il ne se serait jamais cru capable et, à vrai dire, nous non plus. Grâce à ses connaissances universitaires, il devient un as de la fabrication d’une drogue de synthèse, le Crystal Meth, un speed à décoller les gencives, qu’il compte écouler sur le prospère marché local, histoire de mettre les siens à l’abri après sa mort. Par le fait, une chimiothérapie est encore plus onéreuse que d’envoyer deux gamins à la fac.

Comme il n’est pas très calé sur les us et coutumes du grand banditisme, Walt se met en cheville avec un de ses anciens élèves qui a mal tourné, Jesse (Aaron Paul aussi bon que son aîné), un jeune tocard qui ne sait pas encore que lui aussi, il est déjà foutu. Bien entendu, les choses tournent mal et vite.

Aussi surprenant que cela puisse paraître à la lecture du résumé de cette sombre affaire, Breaking Bad est particulièrement drôle. L’irruption des deux bras cassés dans le pré carré des gangsters surarmés des cartels mexicains donne lieu à quelques moments franchement burlesques, mais il n’y a pas que ça. La série, créée par Vince Gilligan, un ancien d’X-Files, joue adroitement sur une corde méchamment délicate pour une fiction à épisodes. Cet homme qui, clairement, a tué tout espoir pour son avenir, se met brutalement à vivre comme un dingue dès lors qu’il apprend qu’il est condamné à brève échéance. C’est si réussi qu’une seconde saison a été tournée.

Paru dans Libération du 17 octobre 2009

Sur le même sujet :
- « Breaking Bad » : Cancer, drogue et rock ’n’ roll
- Breaking Bad, des webisodes avant la saison 2


Il y a 4 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

série - « Borgen », la petite série reine

article précédent
Livre VI « Kaamelott », les débuts de la fin
article suivant
« C’est plus Internet qui menace la presse »


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Bruno Icher
  • réactions (4)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Chez Google, la vie privée tombe dans le panel
  • Les experts Copenhague
  • [Vidéo] Ecrans.fr : le podcast anonyme
  • Wikileaks : Bradley Manning sera mis en accusation le 23 février
  • Les revendeurs Apple au bord de l’asphyxie

Lib.fr

  • Cravate, corbillard, camembert, ces noms propres qui deviennent communs
  • La Cité de radieuse de Marseille meurtrie par l'incendie
  • Total a enregistré un bénéfice record de 12,3 milliards en 2011
  • «Le référendum est un outil très risqué»
  • Ouganda: abandon de la peine de mort dans la proposition de loi anti-homosexualité
publicité

De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.


Vendredi, à poils !

img75
Avoir un bon copain...




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008