Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

vendredi 11 septembre 2009 11:41

  • cinéma

Deauville, sa rade et ses docs

Du bouclage de « Vogue » aux archives des Doors, les titres phares de la sélection dédiée au réel.

par Olivier Séguret

tags : documentaire , festival

Extrait de l’affiche de When You’re Strange, docu sur les Doors - DR

Envoyé spécial à Deauville

Voilà trente-cinq ans, déjà, que le festival de Deauville, nous documente sur l’Amérique. Tels que nous les percevons au cinéma, les Etats-Unis sont toujours un spectacle en soi  : derrière les scénarios sentimentaux des romantic comedies, derrières les effets spéciaux des blockbusters, derrière les frasques de personnages animés, nous ne perdons jamais de vue cette dimension particulière d’un pays qui ne cesse d’informer le monde sur son propre état. Et Deauville nous documente autant sur cet état avec ses grosses fictions hollywoodiennes, ses avant-premières ou ses rétrospectives qu’avec sa sélection proprement dédiée au réel américain  : les Docs de l’oncle Sam.

Le documentaire américain excelle dans deux registres  : la guerre et la pop culture. C’est résolument vers cette dernière que la sélection 2009 semble s’orienter avec les présentations consécutives de The September Issue (sur le magazine Vogue), When You’re Strange (sur les Doors) et Nightmare in Red, White and Blue (sur l’histoire du film d’horreur américain).

Le numéro de septembre de Vogue (édition américaine) est le plus important de l’année et se prépare six mois à l’avance. R.J. Cutler a eu l’extrême privilège d’accéder à la fabrication de ce ­mythe de la mode américaine, dirigé d’une main de fer par l’intelligente et glaciale Anna Wintour (qui servit de modèle au personnage titre du Diable s’habille en Prada), un iceberg, un Arctique qu’aucun dérèglement climatique ne disloquera jamais. Le film trahit en de nombreux points les conditions de tournage complexes, parfois humiliantes, auxquelles il a pu être confronté  : face au dragon, le réalisateur se tient à carreau, comme tout le monde. Mais sa matière est fascinante, qui nous balade de séduction en exaspération, avec en note finale un goût de gigantesque solitude, parfumé d’étourdissante vanité.

Un autre genre de charisme irradie When You’re Strange de Tom DiCillo, celui de Jim Morrison, auquel le film est plus précisément consacré, malgré son sous-titre  : A Film About the Doors. Valant surtout pour la qualité et la ­nouveauté de ses archives sonores et visuelles, le documentaire choisit une forme d’efficacité sobre pour réinterpréter une allégorie déjà connue  : splendeur de l’archange Jim, tout en ténèbres et en lumières, à fond la caisse vers le mur du destin. Cela suffit souvent à réveiller de vieilles et belles émotions.

Les lecteurs de Mad Movies vont adorer Nightmare in Red, White and Blue : the Evolution of the American Horror Film, du Britannique Andrew Monument. Ils auront raison  : le voyage au pays de l’épouvante est instruit, transversal, malin, généreux en images, frénétique au montage, truffé d’interviews classe (Dante, Carpenter, Romero…) et à peu près exhaustif. On l’imagine mieux en bon programme télé qu’en exploitation en salles, cependant.

Bien que typique d’une certaine contre-culture américaine, le meilleur document à ce jour présenté à Deauville échappe néanmoins à ces catégories. William Kunstler  : Disturbing the Universe offre le portrait saisissant de l’avocat Kunstler, ancienne idole des militants pour les droits civiques, et particulièrement de la cause noire, qui fait brutalement bifurquer sa carrière vers le droit pénal, se spécialise dans les causes « indéfendables » et devient finalement l’un des types les plus haïs des Etats-Unis. Une sorte de Badinter qui aurait viré Vergès, le tout porté à la puissance américaine. Ses deux filles, Sarah et Emily Kunstler, signent ce documentaire, sans la moindre forme de chantage familial ni pathos, construisant peu à peu et dans toute dans sa complexité, parfois redoutable, la silhouette d’un homme fou, brillant, unique.

Publié dans Libération du 10 septembre 2009


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

documentaire - Entre les Noirs et la France, une histoire « de flux et de reflux »

festival - Terreurs de connexions à Transmediale

article précédent
Dorcel, le X et les Français : envie d’un plan com ?
article suivant
La vie privée de Dexter


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Olivier Séguret
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • « Dr House » cane au bout de huit saisons
  • Piratage en série sur l’iTunes Store
  • Chez Google, la vie privée tombe dans le panel
  • « Borgen », la petite série reine

Lib.fr

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • A la barre, Gaubert a la mémoire qui flanche sur des «faits anciens»
  • La Cité radieuse, un grand ensemble classé monument historique
  • Dopage : le mari de Jeannie Longo mis en examen
  • Obama dévoile sa playlist de campagne
publicité

En bref

img75
« Dr House » cane au bout de huit saisons

Bip, bip, bip… bip… biiip… Ainsi résonnera, le 21 mai, l’électrocardiogramme de la série Dr House, dont la chaîne Fox a prononcé le décès hier.


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008