jeudi 27 novembre 2008 12:04
Débat très hard sur la loi
Télé sans pub. Amendements et invectives hier à l’Assemblée.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : politique , publicité , Télévision mobile personnelle , loi sur l’audiovisuel
Et Trust s’invita à l’Assemblée nationale, où l’on débattait du « projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision ». C’est au socialiste Patrick Roy, député du Nord, qu’on doit, hier soir, cette invocation de Bernie Bonvoisin, qualifié de « philosophe » : « Avec cette loi antisociale, la télé publique va perdre son sang-froid. » Tada tada tadada... Comme quoi, à l’Assemblée, c’est pas les derniers pour la déconne : depuis le début de l’examen du texte, mardi soir, on s’y jette à la face du « Poutinisation ! » (le communiste Jean-Pierre Brard), du « Godillots ! » (le Vert Noël Mamère), du « Léon Zitrone ! » (Mamère encore), du « Loi scélérate ! » (Mamère toujours, très remonté). Au chapitre des compliments, les « Bouygues » et « ORTF » fleurissent très régulièrement dans les argumentaires de la gauche, tandis qu’à droite on joue les offusqués, promettant d’envoyer Brard successivement « à Moscou ! », puis « à Cuba ! » et enfin « en Corée du Nord ! ». Entre les invectives façon théâtre de boulevard, les motions de procédure de l’opposition destinées à bloquer, sans grand espoir, la loi, tombent, une à une. Hier soir à 20 heures, l’examen des amendements n’avait pas encore démarré, et il y a du pain sur la planche : 822 modifications proposées, dont une majorité par la gauche. Rien que sur l’article instaurant la nomination du patron de France Télévisions par le président de la République, les socialistes ont déposé foule d’amendements. Pour supprimer le nouvel article, d’abord. Puis pour réformer le CSA, qui ne comporterait plus que six membres nommés pour moitié par l’opposition parlementaire. Un simple exercice d’obstruction vu les forces en présence, mais d’autres amendements pourraient être plus délicats à manier. Ainsi, l’ineffable porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, propose de taxer, en plus des fournisseurs d’accès à Internet, les sites de vidéo, tel Dailymotion, afin de financer France Télévisions. L’UMP Patrice Martin-Lalande suggère, lui, que soit inscrite dans le contrat d’objectifs et de moyens de France Télévisions –qui fixe ses droits et devoirs vis-à-vis de l’Etat– une obligation d’équilibre financier. Autrement dit : mission impossible pour France Télévisions qui, à cause de la suppression de la pub, sera déficitaire en 2009 voire en 2010. Antisocial, ouais. Et, pour France Télévisions, bientôt les années de sévice. Paru dans Libération du 27 novembre 2008
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