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vendredi 21 janvier 2011 17:18

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Deezer de bonne aventure avec Orange

par Alexandre Hervaud

tags : musique , Hadopi , Orange , streaming , Spotify , Deezer

"Les miennes sont en or", Axel Dauchez, PDG de Deezer - DR

Fin juillet, Axel Dauchez, PDG de Deezer, expliquait en ces termes l’objectif du rapprochement du site d’écoute en ligne avec Orange : « crédibiliser notre image et nous permettre de nous développer à l’international ». Un mois plus tard, peu après le lancement des diverses offres de l’opérateur proposant en option l’abonnement à Deezer, Deezer annonçait viser 200 000 abonnements (toutes offres confondues) à la fin de l’année, avec l’espoir d’atteindre le million fin 2011. Un chiffre qui paraissait bien optimiste, sachant qu’en juillet, le site totalisait 25 000 abonnés payants, « ce qui est peu au regard des 6 à 7 millions de visiteurs uniques qui se rendent sur Deezer chaque mois » analysait alors Dauchez. Il faut croire que la force de marketing d’Orange fait des miracles, puisque 500 000 abonnés ont souscrit à l’offre musique premium Deezer lancée le 19 août dernier.

L’opérateur annonce désormais vouloir déployer le service Deezer Premium + (l’offre à 9,99 euros par mois permettant entre autres l’écoute hors ligne) à l’international, dans les pays où la marque Orange est présente. Dans une vidéo promotionnelle, Laurence Le Ny, directrice des contenus musique d’Orange, se félicite des résultats obtenus et déclare : « ce partenariat illustre parfaitement la nouvelle stratégie d’Orange dans les contenus qui consiste à faire des partenariats avec des experts, des leaders dans leurs domaines ». Parmi les exemples d’une telle stratégie, il vient à l’esprit le récent rapprochement avec Canal +, et la rumeur d’une entrée au capital de Dailymotion dévoilée aujourd’hui par l’Express.

Multiplier par 20 son nombre d’abonnés est assurément une bonne nouvelle pour Deezer, dont le modèle gratuit a longtemps été raillé par les observateurs de l’industrie musicale. Pas plus tard que cette semaine, l’inévitable patron d’Universal Music, Pascal Nègre, militait au micro de Radio Campus pour une limitation du nombre d’écoutes gratuites sur les sites comme Deezer, déclarant : « quand on voit des gens qui écoutent 35 fois la même chanson, vous vous dites qu’au bout d’un moment, le gars, il faut qu’il aille acheter le titre ». Hors antenne, un journaliste de Rue89 présent lors de l’enregistrement a pu l’entendre livrer son analyse personnelle sur la situation : « quatre écoutes, c’est suffisant pour savoir si on veut acheter un titre ». Pas étonnant dès lors que le retour bienvenu de la plateforme Jiwa se fasse, dans un premier temps, sans la possibilité d’écoute de titre à la demande faute d’accord avec les ayants droit.

Les rapports avec les ayants droit semblent toutefois s’être éclaircis du côté de Deezer, désormais bien loin de ses origines « illégales » du temps de BlogMusik. Lundi dernier, le site annonçait la création du syndicat des Editeurs de Service de Musique en Ligne (ESML) aux côté de Beezik, le Geste (Groupement des éditeurs de service en ligne), Orange et Starzik. Le ESML a signé, avec d’autres acteurs important du secteur comme Apple ou Virgin Media, les 13 engagements issus de la mission dirigée par Emmanuel Hoog, président de l’AFP. Le but : « instaurer des relations commerciales plus transparentes et équilibrées pour favoriser l’essor de ce marché ». Les sites comme Deezer se voient promettre « un accès aux catalogues dans des conditions économiques plus équilibrées et plus transparentes, en particulier en ce qui concerne le renouvellement des contrats, les avances, les minimums garantis et la répartition avec les ayants droit ».

Précisons que c’est la Hadopi qui est responsable du suivi des engagements, et qui devra également fournir « une étude sur l’économie du secteur et sur l’état actuel du partage de la valeur entre les acteurs de la filière ». La mission de suivi a été confiée à l’ancien ministre de la Culture Jacques Toubon (membre du Collège de la haute autorité) ; l’étude sera quant à elle conduite par Patrick Waelbroeck, enseignant-chercheur à l’école Télécom ParisTech au département Economie et Sciences Sociales.

De son côté, Spotify, le rival de Deezer venu de Suède, n’a pas souhaité faire partie du ESML. Un représentant du service contacté par Ecrans a expliqué ce choix par une raison pragmatique : en tant qu’entreprise internationale, Spotify négocie les accords avec les majors à l’international via sa branche basée au Royaume-Uni, alors que l’ESML se focalise sur le marché français. En attendant son lancement aux Etats-Unis, annoncé et retardé à de nombreuses reprises, Spotify compte 10 millions d’utilisateurs en Europe, dont 750 000 abonnés premium.


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