samedi 8 juillet 2006 11:47
Des bonus bon an mal an
Si les éditions de « Brokeback Mountain » laissent à désirer, « A History of Violence » offre un éclairage pertinent sur le film.
par Samuel Douhaire
Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee (2005), 2h20. Pathé. DVD simple, 20 euros.
Soit deux films hollywoodiens encensés dans les colonnes de Libération lors de leur sortie en salles, et qui reviennent cet été en DVD. Mais avec deux politiques éditoriales qui divergent du tout au tout.
La multiplication des éditions pour le Secret de Brokeback Mountain est symptomatique du traitement réservé aux films événements en l’occurrence, le premier western gay et grand public de l’histoire du cinéma. Objectif : ratisser le plus large possible. Le consommateur de DVD lambda peut se contenter d’une édition « simple » quasi vierge de bonus, l’amateur plus éclairé se voit proposer un « collector » avec plusieurs making-of, et le fan mordu est invité à investir dans un coffret « prestige », rempli de goodies : la nouvelle originale d’Annie Proulx dont le film est tiré, des photos et un morceau de pellicule originale. La profusion ne parvient toutefois pas à cacher la vacuité de suppléments où règne une autocongratulation si insistante qu’elle en devient douteuse. Détail fâcheux : le réalisateur Ang Lee y brille par son absence.
Tout l’inverse du DVD d’A History of Violence, un seul disque mais bourré de bonus pertinents, dans lesquels David Cronenberg s’est investi avec bonheur. Son commentaire restitue avec clarté (et parfois, humour) les enjeux d’un film de commande, que le réalisateur de Faux Semblants sut habilement relier à ses obsessions personnelles (le double, le conflit pulsion-raison). Le making-of est un vrai reportage sur le tournage, conçu autour des scènes chocs du film, qui révèle les capacités d’improvisation de Cronenberg et le perfectionnisme de Viggo Mortensen. On recommande particulièrement le récit de la séquence très chaude dans l’escalier. Une scène d’amour pour laquelle Cronenberg a demandé à un spécialiste des cascades de concevoir des protections type genouillères pour ses acteurs. Avant de renoncer au prix d’un réalisme accru... et de bleus partout pour la pauvre Maria Bello.
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