mardi 23 décembre 2008 13:19
Des impôts allégés pour les films étrangers
Tournages. Dès 2009, les productions bénéficieront d’un abattement fiscal sur les dépenses réalisées en France.
par Bruno Icher
tag : économie
Avec un peu de retard à l’allumage, la France vient de rejoindre les pays européens offrant des conditions fiscales attractives pour les tournages de films étrangers. Depuis plusieurs années, la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou la République tchèque étaient les destinations favorites des productions étrangères, notamment américaines, en raison du crédit d’impôts conséquent que ces pays leur concédaient. A partir de 2009, un film américain (puisque c’est principalement pour Hollywood que la mesure a été conçue) pourra bénéficier d’un abattement fiscal de 20 % sur les dépenses de production réalisées en France, avec un plafond fixé à 4 millions d’euros. Selon la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam), ce système devrait rapporter environ 100 millions d’euros l’an prochain et entre 200 et 250 millions d’euros à l’horizon 2010-2011. Les professionnels du cinéma en seraient les principaux bénéficiaires, avec une augmentation spectaculaire du nombre de jours de tournage, de 120 (moyenne actuelle) à 480. Une estimation réaliste, selon la Ficam. Mieux, toujours selon la Ficam, qui s’appuie sur des études réalisées par la Commission nationale du film et l’Agence française pour les industries internationales, la multiplication des tournages sur le territoire, mettant en valeur le patrimoine français, pourrait générer indirectement de substantielles retombées, estimées à quelque 300 millions d’euros. Afin de souligner le caractère urgent de cette mesure, le ministère de la Culture rappelle que, récemment, plusieurs productions américaines, comme Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino, ont préféré franchir les frontières pour tourner en Allemagne ou en République tchèque. Pour mettre au point ce système d’incitation fiscale, le gouvernement a étendu le principe dont bénéficient déjà les productions françaises. La mesure avait été inscrite dans la loi de finances 2004 par Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture. Depuis lors, ce crédit d’impôts, également de 20 % mais plafonné à 1 million d’euros, incite les producteurs français à tourner dans l’Hexagone au lieu d’aller chercher des tarifs avantageux dans les pays de l’Est. Pour l’ensemble de l’industrie de l’image, l’incitation fiscale a de plus en plus des allures de figure obligée. La tendance avait été lancée par le gouvernement du Québec et la ville de Montréal, il y a plus de dix ans, pour les activités liées aux jeux vidéo. Dans l’univers du cinéma, plusieurs Etats américains, tels le Nouveau-Mexique, le Michigan, le Colorado ou le Massachusetts, leur ont emboîté le pas avec des crédits d’impôts pouvant aller jusqu’à 35 %. En la matière, la Louisiane a été pionnière en lançant son programme en 2002. L’an dernier, l’Etat a accueilli d’importants tournages, comme I Love You Phillip Morris, de Glenn Ficarra et John Requa, l’Etrange Histoire de Benjamin Button, de David Fincher ou la série d’Alan Ball pour la chaîne HBO, True Blood. Paru dans Libération du 23 décembre 2008
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