jeudi 30 novembre 2006 13:07
Des mangas très téléphonés
Au Japon, pour tuer le temps dans les transports en commun, on peut lire un roman sur son téléphone portable.
par Saran Koly
tags : manga , livre , Japon , livre numérique
CC - Tom Purves
Parmi les lecteurs les plus voraces du monde, les Japonais sont de plus en plus nombreux à abandonner livres, journaux et mangas imprimés pour un support de lecture beaucoup plus pratique : le « keitai » (téléphone portable). Selon l’institut de recherches en marketing Impress R&D, le marché des livres en version électronique pour mobiles, inexistant avant 2002, a atteint 4,6 milliards de yens (31 millions d’euros) au Japon entre avril 2005 et mars 2006. Ce marché est désormais presque aussi important que celui des livres électroniques pour PC et assistants numériques personnels (PDA), en hausse de 45% sur un an. Le mobile a l’avantage de permettre à la fois de sélectionner, acheter, télécharger et lire les ouvrages n’importe où et n’importe quand. Par comparaison le livre électronique pour PC souffre de plusieurs handicaps : il est plus imposant, ne dispose pas de fonctions intrinsèques de communication, ni de système de paiement direct, et requiert donc obligatoirement l’usage de l’ordinateur. L’engouement s’explique aussi par des écrans de plus en plus larges et de mieux en mieux définis. D’autant que, habitués à lire et écrire de longs mails sur leurs mobiles ou à parcourir de très petits livres de poche, les Japonais ne considèrent pas comme un problème la surface limitée des écrans. La taille des caractères est ajustable et le défilement est automatique pour qui le souhaite. L’écriture nippone, par sa structure (kanji et syllabaires, sans espace), s’adapte plus facilement à ces supports que l’écriture alphabétique. De plus, les ouvrages proposés pour les mobiles sont vendus moins chers que leurs équivalents imprimés. Sans compter que de nombreux extraits de livres sont parfois proposés gratuitement. On trouve par exemple une cinquantaine de sites/librairies officiels sur le portail de KDDI, classés par type d’ouvrages. L’un des plus importants proposent près de 5 000 références pour mobiles, soit dix fois plus pour PC. L’un des domaines les plus prisés est celui des mangas. Ces bandes dessinées vendues dans les kiosques, représentent la moitié du total des ventes. Leur lecture est d’autant plus facile que les vignettes défilent automatiquement, donnant l’impression de regarder un dessin animé. « Techniquement, depuis 2004, il est possible de télécharger un livre entier », précise Impress R&D. Il suffit d’avoir téléchargé sur son portable un programme de lecture capable de décoder les formats de fichiers. Enfin, si initialement le portable souffrait d’une limite de mémoire, cela n’est plus vrai aujourd’hui. Il est désormais possible d’équiper les mobiles de cartes avec 2 Go, soit des centaines voire des milliers de livres.
Partager cet article

