jeudi 30 avril 2009 10:23
Dixit Hadopi : « Ce texte n’est ni de droite ni de gauche, il est à côté de la plaque »
par Astrid Girardeau
tags : Loi "Création et Internet" , Hadopi , Dixit Création et Internet
Petite sélection des réactions lues et entendues autour du projet de loi Création et Internet, de nouveau débattu depuis le mercredi 29 avril, à l’Assemblée Nationale. Principalement par les députés présents et poligiques concernés, mais aussi par quelques acteurs impliqués par ce texte. « Est-il normal qu’une session extraordinaire soit déjà annoncée dans la presse sans que la conférence des présidents ait été saisie de cette question ? Est-il normal que le Président de la République annonce l’adoption définitive de la loi Hadopi pour le 14 mai alors que c’est à l’Assemblée de fixer son ordre du jour ? (...) Est-il normal que ce vote solennel soit prévu pour le mardi 5 mai ? Cela veut-il dire, monsieur le secrétaire d’État, que le Gouvernement envisage d’utiliser l’article 44-3 de la Constitution pour abréger les débats et imposer le texte qu’il souhaite ? »
« Notre détermination à adopter ce texte reste intacte, et cette nouvelle lecture nous offrira l’occasion de fournir un démenti cinglant à ceux qui en doutent, ou plutôt qui feignent d’en douter. »
« Ce sont les défenseurs de la loi du plus fort, du renard libre dans le poulailler libre, ce sont ceux qui pensent qu’Internet doit demeurer une jungle, un Far West anarchique, qui se trompent d’époque, qui n’ont pas compris que le monde a changé et que nos concitoyens attendent des pouvoirs publics qu’ils assument leur rôle de régulation et de protection des droits de tous. »
« Ecoutez la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe ! »
« Ah oui, ces détails techniques sont peut-être fastidieux mais ils permettent de mesurer combien le texte est idiot, et de constater qu’il y a bien tromperie des auteurs et des artistes parce qu’on leur vend des dispositions inapplicables, absurdes. »
« Ce jour-là, [le 9 avril] la loi HADOPI est morte politiquement et il ne s’agit désormais plus que d’assurer sa survie parlementaire. Cependant, Nicolas Sarkozy s’entête à vouloir la faire voter toutes affaires cessantes. C’est que le texte est la traduction législative des accords de l’Élysée signés il y a déjà un an et demi : son rejet par l’Assemblée nationale représente donc, pour le Président de la République, une défaite personnelle. C’est sous pression élyséenne que, lundi dernier, la commission des lois a vu son rapporteur se faire hara-kiri en défendant avec le même aplomb la suppression de dispositions qu’il avait pourtant défendues avec fougue et fait voter par l’Assemblée nationale en première lecture.. »
« On nous parle aussi de droit européen : le Parlement européen aurait adopté un amendement. La belle affaire ! C’est effectivement son droit, mais encore faut-il que cet amendement soit repris dans le paquet « Télécom ». »
« En fin de compte, madame la ministre, votre problème, c’est Internet. Pour vous, il s’agit d’un outil dangereux que vous cherchez donc à contrôler, à réduire à une dimension commerciale, que vous cherchez à surveiller, à labelliser. »
« La gratuité pour le consommateur d’un service est l’expression de sa socialisation, pas de l’exploitation du travail de son producteur. Le contribuable paie le professeur ou le policier, qui ne travaillent pas gratuitement ; la publicité paie les gens qui travaillent à la radio ou à la télévision et qu’on écoute gratuitement. (...) Et les artistes n’ont pas à s’offusquer de ne pas être payés directement par ceux qui trouvent de l’intérêt à leurs œuvres. »
« Croire que les mômes vont arrêter de télécharger des morceaux et acheter des CD, c’est dire : Je connais pas la vie ! Je ne sais pas ce qui passe dans la vie ! »
« Les créateurs ont-ils le droit de vivre de leur travail ou doivent-ils être expropriés de ce droit, en contrepartie d’une indemnisation collective sous forme d’une chimérique contribution créative, injuste et infaisable ? Cette collectivisation, les artistes n’en veulent pas. Ils l’ont d’ailleurs écrit à la première secrétaire du parti socialiste, toutes disciplines et toutes appartenances politiques confondues. Car ce n’est que par le droit de propriété, qui protège ses œuvres, que le créateur de l’ère moderne a pu s’affranchir de sa condition de laquais ou de courtisan soumis aux caprices d’un bienfaiteur. »
« Ce texte n’est ni de droite ni de gauche, il est à côté de la plaque. »
« Les droits d’auteurs sont plus que jamais nécessaires à l’âge numérique. Personne n’imagine la création sans le droit d’auteur. Ni le droit moral, ni les droits patrimoniaux ne sont incompatibles avec le numérique. (...) Mais les combats des modernes Beaumarchais devront en priorité s’attacher à éviter que les prédateurs dévorent les créateurs. Il y a une bataille mondiale pour contrôler la diffusion de la culture. Les acteurs s’appellent Apple, Microsoft et Google, les majors, les opérateurs de télécoms et bien d’autres. Sans diaboliser quiconque, si l’on veut protéger les artistes, si les sociétés de droits veulent faire ce pourquoi elles sont rémunérées, voilà quels sont les chantiers à ouvrir. »
« Souhaitons-nous abdiquer, sur Internet, un droit fondamental consacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen voici deux siècles, sacrifier l’État de droit sur l’autel d’une licence mal comprise ? »
« La montée des alternatives est plus impressionnante encore que l’effondrement des soutiens. (...) Cela suffira-t-il ? Pour faire rejeter l’HADOPI qui sait ? Mais pour maintenir ouverte la porte du futur que les obscurantistes de la rareté culturelle veulent fermer, pas de doute : nous tenons le bon bout. »
« Ce qui distingue principalement l’ère nouvelle de l’ère ancienne, c’est que le fouet commence à se croire génial. »
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