jeudi 26 février 2009 17:44
« Dorothy », le mal en culottes courtes
Sortie en DVD du thriller fantastique signé Agnès Merlet. Schizo, bigots, bobos sur une île Irlandaise.
tag : fantastique
DR
Dorothy, d’Agnes Merlet. Wild Side Vidéo, 19,99€
Sorti plutôt discrètement en août dernier une semaine avant Dark Knight, le film Dorothy, réalisé par la française Agnès Merlet, mérite largement une séance de rattrapage en DVD. Thriller fantastique tourné en Irlande, cette production française suit l’investigation houleuse d’une psychiatre débarquant sur une île isolée. Chargée d’enquêter sur le cas de Dorothy, une jeune fille accusée de violences sur un bébé, elle ne tarde pas à soupçonner un cas de multi-personnalités. Sa présence sur l’île ne tarde pas à déranger les autochtones, ploucs flippants qui ont bien évidemment plus d’un cadavres dans leurs placards... Pour son quatrième long-métrage, Agnès Merlet tente de verser dans le Shyamalan (époque regardable) ou le Amenábar (Les Autres), et l’essai est plutôt réussi. Gâtée par un casting impeccable (Carice Van Houten, sublime hollandaise vu dans Black Book de Paul Verhoeven, et la révélation Jenn Murray, bluffante dans le rôle titre), Merlet distille malaise, onirisme et scènes de trouille sans faillir. Son film se paie même le luxe de nous cueillir avec un twist final (retournement de situation) qui a le mérite de ne pas tomber à plat. Avec cette galerie de bigots isolés, on pense forcément au Wicker Man (le classique de Robin Hardy avec Christopher Lee, pas son fade remake avec Nicolas Cage) pour ce côté hystérie insulaire. L’ombre du belge Fabrice du Welz plane aussi sur Dorothy, aussi bien par l’aspect « communauté pas très claire » qui rappelle le choc Calvaire, que pour la façon délicate d’aborder le deuil d’une mère (Vinyan, plus beau rôle d’Emmanuelle Béart depuis un bail). Dans les bonus du DVD, Agnès Merlet revient sur une production pas toujours évidente (6 mois de casting pour trouver la perle rare Jenn Murray, difficulté de tourner en Irlande en plein mois de juillet une histoire hivernale, etc.). Un supplément intitulé la Conscience fragmentée revient quant à lui sur les véritables faits divers ayant inspiré le scénario. On verse assez rapidement dans le sous-Mystères, et force est de constater que Merlet est beaucoup plus convaincante en disciple d’Hitchcock qu’en sous-Jacques Pradel. Et c’est mieux comme ça. La bande annonce :
Il y a 3 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:


