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jeudi 17 mai 2007 10:51

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Double ration d’Amalric

« Le Stade de Wimbledon » et « Mange ta soupe », témoignages d’un univers singulier.

par Edouard Waintrop

tags : cinéma d’auteur , cinéphilie

Le Stade de Wimbledon - DR

Ceux qui ne connaissent pas les étranges films que Mathieu Amalric a mis en scène sont vernis. Ils vont pouvoir en découvrir deux d’un coup. D’abord, Mange ta soupe, son premier (1997), burlesque et dramatique à la fois. Un fils trentenaire mais immature rend visite à sa mère, critique littéraire d’un grand journal du soir, une dame assez branque dont l’espace vital est occupé par les livres. Il essaie de faire sa place dans les interstices, de régler ses affaires et de se repérer dans son roman familial agité : cette mère envahie et envahissante ; un père parti, mais pas loin, puisqu’il est journaliste dans le même journal que son ex ; l’ombre d’un frère suicidé ; une soeur, fille mère...

En puisant dans sa propre biographie, en tentant, comme il l’explique dans une bonne interview proposée en supplément, de prendre de la distance avec ce qu’il a vécu et de ficeler le tout avec humour, Amalric signe une comédie originale. Le réalisateur a bénéficié du concours d’acteurs superbes (Adriana Asti dans le rôle de la mère, Lazlo Szabo dans celui du père), dont le plus étonnant est Jean-Yves Dubois, alter ego du réalisateur. A un point tel qu’on se dit que ce comédien, disparu en 2003, a poussé loin le mimétisme avec son modèle. Eh bien non, explique Mathieu Amalric, toujours dans les suppléments du DVD. C’est lui qui aurait tiré son inspiration du jeu de l’acteur.

Si le Stade de Wimbledon (2002) est un film moins évident, plus énigmatique, il n’est pas moins passionnant. Une jeune femme part à Trieste au fin fond de l’Italie, sur les bords de l’Adriatique et de la Slovénie, enquêter sur un écrivain qui n’a rien écrit. On n’en saura pas plus. Trieste est vague, l’enquête aussi, l’identité des personnages pourtant très incarnés l’est à peine moins. Dans la ville d’Italo Svevo, c’est bien le moins. Seule la manière de filmer d’Amalric est précise. Qu’il s’agisse de raconter les us et coutumes locaux, de capturer la lumière pâle ou de magnifier Jeanne Balibar. Celle-ci joue le rôle principal, un personnage qui, dans le livre de Daniel Del Giudice dont le film est adapté, était un homme.

Le Stade de Wimbledon et Mange ta soupe , de Mathieu Amalric
Collection « Cahiers du cinéma, Deux films de... »,
29,90 euros.


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  • Double ration d’Amalric

    17 mai 2007 11:37, par rototo
    "Ceux qui ne connaissent pas les étranges films que Mathieu Amalric a mis en scène sont vernis" ...on ne saurait mieux dire...

 

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