lundi 21 juin 2010 09:53
Drôle de jeu de rôles à l’E3
par Olivier Séguret
tags : Mario , Nintendo , E3 , Sony , Moi jeux
CC BY popculturegeek.com
Ce n’est pas la faute à Mario si cette leçon ne nous est pas encore entrée dans le crâne : le monde des jeux vidéo est renversant. Et renversé. Mario, comme votre chroniqueur immergé dans Galaxy 2, l’apprend chaque nuit à ses dépens et à sa plus grande joie, déploie au contraire tous ses talents pour nous acclimater à cette idée d’un monde sens dessus dessous, où les situations sont interchangeables, les statuts provisoires et les lois de l’apesanteur infiniment variables. Si l’on a souvent songé à Mario en suivant, à bonne distance, les tribulations de l’E3 qui s’est tenu cette semaine à Los Angeles, c’est à cause de la drôle de tragicomédie qui s’est jouée entre les trois grands constructeurs sur la scène du plus grand salon professionnel des jeux vidéo. Une représentation à fronts renversés, dont chacune des têtes d’affiche est sortie, symboliquement du moins, transformée. Microsoft promettait d’emporter le morceau du marketing viral et du buzz avec son projet Natal devenu Kinect. Un show abscons et une conférence plus tard, on comprenait surtout qu’en ayant misé si gros sur son nouvel accessoire, MS prenait autant de risques : sa Xbox 360 est la console la plus populaire auprès des hardcore gamers américains, qui ne cachent pas un certain dépit après ce virage causal crissant. Nintendo, de son côté, était attendu au tournant inverse, les puristes déplorant les concessions casual de la Wii. Ils furent pris à revers avec le catalogue le plus gamer proposé par Nintendo depuis longtemps (de Zelda à Metroid M, de GoldenEye à Epic Mickey), sans parler d’un nouvel engagement à défricher l’avenir avec la future console 3DS (le relief sans lunettes) pour laquelle les meilleurs studios travaillent déjà. Quant à Sony, c’est un peu le miraculé de cet E3 (qui se déroule dans le seul pays où la Xbox domine la PS3). Avec des ventes qui décollent enfin pour sa console phare, un bouquet d’exclus imprévues, le lancement du système Move, plus consensuel, moins risqué que Kinect, et son leadership dans les jeux en relief HD, Sony a regagné la faveur des analystes, qui lui prédisaient pourtant du sang et des larmes il y a à peine quelques saisons. Mais pendant ce temps-là, même cul par-dessus tête, c’est toujours Mario qui rebondit le plus haut. Paru dans Libération du 19/06/2010
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