mercredi 26 novembre 2008 18:28
Du jus de crâne et un cheval qui dort
par Philippe Azoury
tag : Art
Ceux qui découvriront Hunger en même temps que les trois œuvres filmées qui sont exposées jusqu’au 29 novembre à la galerie Marian-Goodman, à Paris, risquent de se perdre en conjectures : difficile d’imaginer éléments plus dissemblables signés d’une seule et même personne. D’un côté, un film porté par une esthétique à l’estomac et de l’autre, trois œuvres théoriques, contemplatives jusqu’à l’excès, sinon la caricature: Rayners Lane, un plan de mur en brique filmé onze minutes, Running Thunder, autre séquence immobile (et plastiquement assez belle) d’un cheval endormi sur l’herbe, et, plus captivant, Current, diapositives d’une roue de bicyclette immergée dans une rivière (une œuvre de 1999, les autres ont été produites en même temps que Hunger). Ces nouvelles pièces ne sont pas ce que l’artiste Steve McQueen a pu produire de mieux et ne permettent pas de comprendre le juste engouement qui entoure cet artiste, prochain représentant du Royaume-Uni à la Biennale de Venise de juin 2009, avec expo perso à la clé. Quitte à choisir, on préférera se souvenir de 7th November, une entêtante séquence montrant le crâne d’un jeune homme au moment où il raconte comment il a tué son frère accidentellement. McQueen a par ailleurs été nommé «artiste de guerre officiel» par l’Imperial War Museum suite à un voyage en Irak en 2003. Il avait créé des timbres sur lesquels figuraient les visages d’hommes et de femmes tués en Irak.
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