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vendredi 15 septembre 2006 12:18

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Du sarkoming out

par Frédérique Roussel

tags : politique , citoyen

Le sarkoming out de Loïc Le Meur va au-delà de l’opinion affichée d’un citoyen lambda. -DR

Tous les vendredis, la campagne présidentielle vue du net.

On n’a pas hésité à parler de « coup de tonnerre ». Le 10 septembre, Loïc Le Meur, patron Europe de SixApart, promoteur de la plateforme de blogs Typepad, a annoncé qu’il voterait pour Nicolas Sarkozy. Ce sarkoming-out a donné lieu à une dépêche AFP, relayée ici et là dans les médias comme une information de poids moyen. Plus de 250 messages ont afflué sur le blog déjà fort visité du déclaré soutien à Sarkozy, soit pour saluer son courage, soit pour regretter son engagement... Peu étaient surpris de voir Le Meur afficher la couleur, lui qui avait commencé sa série de podcasts politiques par un révérencieux trente minutes avec le ministre de l’Intérieur (une séquence téléchargée des milliers de fois). M. Le Meur pratiquait le journalisme comme M. Jourdain la prose. En mélangeant les genres, réalisant une interview avec la brosse à reluire. L’absence de neutralité de l’exercice avait fait beaucoup jaser, en ligne bien sûr.

Et alors ? LLM va voter Nicolas Sarkozy et on en fait des gorges chaudes. Mais l’acte est symbolique. Libre de voter pour qui il veut, Le Meur a dégainé la sacro-sainte transparence pour justifier son geste. Chaque candidat dispose de stars sous le coude, soutiens symboliques de la société du spectacle, visages influents que l’on espère prescripteurs. Il se trouve que Loïc Le Meur est le blogueur français le plus connu (et sans doute le plus critiqué aussi). Et que l’on prédit un rôle majeur de la Toile dans la campagne présidentielle. Dans cette perspective, les partis ont commencé à quadriller les lieux. Le candidat à la présidentielle y a peut-être gagné un client de poids. C’est ce que croit Bertrand Soulier : « C’est assez bien joué de la part de Nicolas Sarkozy qui a réussi là un nouveau joli coup sur l’échiquier du contrôle de l’information en attrapant l’influenceur numéro un de la blogosphère française. » Son Doc Gynéco virtuel en somme. La blogosphère ne se sent d’ailleurs pas obligée d’emboîter le pas. « Ce n’est pas parce que Loïc dit, que les blogueurs suivent, même si son blog figure parmi les plus regardés en France », estime Jérôme Charré, qui est hébergé sur Typepad (nous aussi d’ailleurs).

Les politiques de tous bords, dont certains ont profité des bons conseils de Le Meur, ont peu commenté l’information. A relever Michel Moine, maire d’Aubusson et proche d’Arnaud Montebourg, qui doit se mordre les doigts d’avoir jouer les entremetteurs (à préciser que LLM explique voter UMP en partie à cause de Montebourg…). Et évidemment, un bon retour d’ascenceur de Thierry Solère, maire-adjoint UMP de Boulogne, chargé de la stratégie internet du parti.

L’annonce de Loïc Le Meur soulève un autre débat, celui de l’éthique et des blogs. Un cas intéressant pour Alain Giffard, également client Typepad. Il avoue n’avoir jamais lu le blog de Le Meur et n’avoir jamais rencontré l’homme. Pour lui, la situation de Loïc Le Meur pose problème eu égard à ses clients. « Que se passerait-il si un autre Le Meur décidait de prendre parti, non pas pour un candidat républicain, mais pour un extrémiste ? », se demande-t-il. Bonne question. La confusion entre personne privée et personnage public lui apparaît ici exemplaire. Alain Giffard s’est même décider à aller surfer sur les lieux pour mieux s’en rendre compte. Un blog « qui mélange, de manière inextricable, actualité, commentaire, analyse, communication publicitaire et marketing. Pour finir, la promotion du blogueur Le Meur ne se distingue pas de celle de la solution Typepad ». N’aurait-il pas porté atteinte « à l’élément de neutralité que représentait Typepad » ? Ce cas d’espèce interroge les limites. « Peut-être est-on à un tournant de l’histoire du blogging français, du fait de la politisation d’un dispositif technique, dont l’influence n’est bien sûr pas neutre, tant du point de vue des pratiques que des systèmes de représentation », commente le chercheur Olivier Tredan. Le sarkoming out de Loïc Le Meur va au-delà de l’opinion affichée d’un citoyen lambda.


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  • Du sarkoming out

    23 septembre 2006 19:30, par Monsieur Paul

    Christian Clavier, Didier Barbelivien, Johnny Hallyday, Doc Gyneco… et Loïc Le Meur. Vraiment, Nicolas Sarkozy fait dans le haut de gamme.

    Ses amis sont « sympas ». Je suis sûr qu’ils passent plein de week-ends « sympas », d’ailleurs, ça se devine. En mangeant des trucs « sympas ». Et ils ont tous un autre point commun : ils sont populaires. Sauf pour quelques aigris et autres coincés du cul (genre service culture de Libération), qui les trouvent juste blaireaux.

    LLM, c’est un peu la cerise sur le gâteau (en sachet, prêt à cuire, comme ça on se prend pour Pierre Hermé, c’est classe). « J’avais la tête dans le guidon de l’entrepreneur. C’est mon blog (site personnel sur internet) qui m’a fait prendre conscience qu’à 34 ans il était peut-être temps de m’y intéresser », explique-t-il dans son texte du 10 septembre intitulé « Je voterai Sarkozy ». Dixit la dépêche Reuters d’origine. C’est mignon, le "à 34 ans, etc.". Vraiment, ce LLM est une sorte de poète, de baladin du monde entrepreneurial, et désormais barde officiel de Sarkozix. Il est touchant avec sa "tête dans le guidon", c’est certain, ce qui fait le blogueur, c’est la spontanéité. Allez, moi aussi il me fait vibrer, avec sa tête de guidon.

    Sinon, depuis quand on s’intéresse à ce que pense LLM, si toutefois ça lui arrive de penser ? Après « L’histoire », ou « Les gens », je suggère un dense d’un nouveau genre à Libé : « On s’en fout ».


 

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