vendredi 29 mai 2009 11:49
E3, la surexposition
L’Electronic Entertainment Expo (E3), le « Festival de Cannes du jeu vidéo », s’ouvre la semaine prochaine à Los Angeles
par Olivier Séguret
tag : E3
Détail du logo de l’E3 - DR
Contrairement aux éditions précédentes du Festival de Cannes, où Sony et Microsoft infiltraient leurs consoles en démonstration sur les plages, on a très peu joué cette année, sur la Croisette, mais est-ce important ? Dans moins d’une semaine, le 2 juin, s’ouvre à Los Angeles l’Electronic Entertainment Expo, appelé E3, qui est un peu le Festival de Cannes du jeu vidéo, la compétition en moins. D’ailleurs, un véritable festival du jeu serait-il possible ? Probablement pas. L’idée même que les gros studios de développement puissent laisser concourir leurs productions au sein d’un festival compétitif est inenvisageable. Elle s’oppose à une culture industrielle encore largement forclose, où le produit jeu est placé sous un contrôle extrême jusqu’à sa sortie. Le dévoilement d’un titre au dernier moment, sous les projecteurs des médias planétaires et sous la même toise que tous les concurrents, avec des salles aussi favorablement houleuses que méchamment hostiles, au risque de la critique mondiale réunie et sous l’expertise d’un jury inaccessible… C’est décidément une partie injouable pour des boîtes aussi farouches et orgueilleuses que Nintendo, Sony, Microsoft ou les gros studios tels Activision, EA, Square-Enix, etc. Restent les petits studios et les développeurs indépendants, mais ceux-ci peuvent déjà compter avec toutes sortes de récompenses professionnelles, même si ces prix ne sont décernés qu’a posteriori, au terme de l’année écoulée, dont ils signent en quelque sorte le bilan. La formule d’un festival du jeu vidéo avec critique et jury qui découvriraient des œuvres nouvelles en exclusivité reste donc à inventer. Bon courage à ses éventuels concepteurs. En attendant, l’E3 remplit son office de super salon commercial. Fondé en 1995, il a connu une existence nomade (passant par Las Vegas et même Atlanta) et a bien failli capoter à plusieurs reprises, l’industrie s’étant montrée réticente à en prendre le pli. Vitrine autant que show, opération de RP autant que chambre d’écho pour annonces vaguement fracassantes, objet de fascination pour les gamers du globe qui le vivent par la procuration du Web et des télés spécialisées, l’E3 est une grosse machine à surveiller. C’est ce que se proposera de faire cette chronique en direct du E3 de Los Angeles, et provisoirement délocalisée dans l’espace blogs du site de Libération du 1er au 6 juin prochains. Paru dans Libération du 28 mai 2009
Il y a 1 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
E3 - Miyamoto : « La Wii U est un système qui ne dort jamais »


