Ebay : coup d’arrêt à l’économie virtuelle
par Erwan Cario
tags : univers persistants , économie , second life
Un personnage de World of Warcraft à vendre 250 euros sur Ebay.fr - DR
L’économie (réelle) issue des univers virtuels ne cesse de croître. Dan Miller, un économiste américain, évalue même sa croissance entre 10 et 15% par mois. Ce qui l’amène par ailleurs à se demander quand (et non si) les revenus issus des jeux en lignes seront taxés. La majorité des transactions financières sont actuellement extérieures aux jeux en question. Elles transitent pour beaucoup par les sites web d’enchères en ligne où il est possible d’acheter de l’argent virtuel, des objets, voire même des personnages au sommet de leur puissance (1). Ce genre de pratique est généralement interdite par les éditeurs. Blizzard, le studio à l’origine de World of Warcraft, précise qu’il est « contre nos conditions d’utilisation d’acheter ou de vendre du contenu "en jeu" pour de l’argent réel ». D’où l’importance de l’annonce vendredi dernier sur le site Slashdot. Hani Durzy, porte-parole d’Ebay, a en effet déclaré que le leader des enchères en ligne était sur le point de supprimer et d’interdire les enchères portant sur des biens virtuels. Une décision qui devrait être effective dans le mois qui vient. Hani Durzy a expliqué que cette interdiction n’était qu’une conséquence directe de la règle préexistante concernant les biens numériques : « le vendeur doit posséder les droits de propriété intellectuelle, ou avoir une autorisation de distribution de la part de leur détenteur. » La suppression des biens en vente ne sera cependant pas accompagnée de mesures répressives. Selon Hani Durzy, les vendeurs de tels objets n’ont, dans la plupart des cas, pas conscience de l’illégalité de leur démarche. Il est aujourd’hui difficile d’évaluer l’impact d’une telle décision sur l’ensemble de cette économie « virtuelle ». On peut trouver de nombreux sites spécialisés (comme IGE ou Virgolds) mais leur impact est probablement plus anecdotique. D’autres systèmes, plus conformes avec la législation, existent aussi. Sony Online Entertainment a par exemple ouvert son propre site d’enchères, Station Exchange, pour canaliser les échanges autour de son jeu phare Everquest 2. Reste cependant une inconnue concernant la décision d’Ebay : concernera-t-elle les objets issus de Second Life ? En effet, dans le titre de Linden Lab, les utilisateurs possèdent les droits de propriété intellectuelle sur les objets qu’ils créent. Pas sûr qu’Ebay fasse la distinction. (1) A lire : Les soutiers du monde virtuel
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