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mardi 29 juillet 2008 09:32

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Echange prestations érotiques contre recharges téléphoniques

En Italie, des femmes offrent parfois le choix des positions érotiques, mais sont intransigeantes sur celui de l’opérateur téléphonique.

par Eric Jozsef

tags : sexe , webcam

CC Gerard Yates

De notre correspondant à Rome

Elles offrent parfois le choix des positions érotiques, mais sont intransigeantes sur celui de l’opérateur téléphonique : Wind, Vodafone ou Telecom Italia Mobile (Tim), on ne négocie pas. Les tarifs, en revanche, peuvent varier : « Dix euros pour quinze minutes, vingt euros pour vingt minutes et trente euros pour cinquante minutes. » Il ne s’agit pas encore d’une mode. Mais certainement d’un phénomène nouveau. Sur les sites Internet italiens, sous la rubrique « rencontres », des jeunes femmes, parfois à peine sorties de l’adolescence selon l’énoncé de leurs annonces, offrent un strip-tease via webcam en échange d’une recharge pour leur téléphone portable.

« Demande-moi ce que tu veux durant le show, j’exaucerai tes désirs », explique par exemple Tiziana, 22 ans, sur un site napolitain. « En échange du show, je reçois exclusivement comme paiement des recharges Tim avec des cartes à code numérique. » Sur la photo de présentation, on ne voit pas son visage mais « Lolita », 19 ans, sait ce qu’elle veut. « J’adore me faire voir et je m’excite à l’idée que beaucoup d’hommes peuvent me voir et s’exciter à leur tour. […] Si tu veux t’amuser, contacte-moi, je serai heureuse de me montrer à travers la webcam en échange d’une recharge de 20 euros, Vodafone ou Tim. » Sur le même site, Lyudmila, plus modeste, propose « un code recharge Tim de 5 euros » contre son « numéro de cell ». « J’offre mes splendides photos. Pas de rencontres ni de perte de temps », balance Marianna, 24 ans. « Ciao, je m’appelle Monica, je fais du sexe par téléphone pour de petits cadeaux avec recharge téléphonique », lance une autre. Car l’échange peut en effet connaître plusieurs variantes. Certaines ne proposent que des photos nues ou des conversations téléphoniques érotiques contre quelques euros sur leurs cellulaires. D’autres se proposent d’aller éventuellement plus loin. Lolita, qui répond à l’adresse sexyfavola, ajoute : « Après le spectacle sur cam, je pourrais éventuellement envisager des propositions de rencontres. » Les hommes ne sont pas en reste et même beaucoup plus explicites sur leurs photos pour appâter le client. Sexe dressé et daté (8 janvier 2007, 13 heures 06) gueststar78 annonce fièrement : « Je me déshabille sur la cam et satisfais tous tes désirs. » Ses exigences sont en revanche sans prétention : « Une petite recharge Tim (5 euros). » Suit la procédure à respecter : « Je n’active pas la cam avant d’avoir reçu le code. N’insistez pas ! » Et de conclure : « Un max de sérieux. Un max de confidentialité. »

A travers Internet, d’où qu’elles proviennent, les femmes peuvent ainsi prendre une petite revanche sur des décennies de journaux masculins. Enfin presque. « En théorie cela pourrait être le cas mais de facto les internautes qui vont voir des photos ou des strip-teases masculins sont principalement des hommes », constate le journaliste Federico Ferrazza auteur d’un livre intitulé Personal Porno (Fazi Editore). « Le phénomène des paiements directs par cartes téléphoniques est désormais marginal, précise-t-il néanmoins. Depuis un peu plus d’un an, on est déjà passé à une autre dimension avec des sites spécialisés comme Ragazzeinvendita, où des femmes de 18 à 45 ans et quelques hommes offrent des shows et reçoivent un pourcentage sur la somme réglée par carte de crédit par le consommateur. C’est aussi simple qu’eBay. »

Dans toute l’Italie, elles seraient déjà plusieurs milliers à vendre leur image et leur nudité via Internet. Daniela, 27 ans, précise : « J’ai peu d’argent en ce moment. J’ai décidé d’envoyer mes photos en échange d’une recharge Wind. » « En général, la motivation n’est pas seulement économique, analyse toutefois Federico Ferrazza. La composante primordiale, c’est l’exhibitionnisme. Au départ, certaines le font même gratuitement dans des chats puis, quand elles se rendent compte qu’elles peuvent obtenir un retour économique, alors elles passent à cette forme de prostitution. »

Dans la grande majorité des cas, ce ne seraient pas des professionnelles à plein temps mais des étudiantes ou des employées. Nombre d’entre elles évitent d’ailleurs de montrer leur visage ou portent un masque pour éviter d’être reconnues par leurs parents. L’orthographe de leurs annonces est approximative et le langage est typique des jeunes accros aux SMS ou à Internet. A temps partiel, trois ou quatre heures par jour et au tarif de deux à trois euros la minute, elles peuvent gagner en moyenne 1 000 à 1 500 euros mensuellement. Celles qui proposent aussi des vidéos ou vendent en prime leur numéro de téléphone pour des conversations hard peuvent décrocher jusqu’à 6 000 euros par mois. « Ces pratiques ne débouchent pas sur une autre forme de prostitution, assure Ferrazza, d’autant que les personnes ne se considèrent pas comme des prostituées mais comme des stars du porno. Quant aux clients, ils ont la conscience tranquille. Ils n’ont pas la sensation de trahir leur compagne. C’est un élément qui n’est pas indifférent dans un pays de forte culture catholique. »


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