lundi 28 mars 2011 11:25
Ecole : un clic pour ceux qui n’ont pas le déclic
par Hélène Haus
tags : éducation , site , santé
Le logiciel « Coup de pouce à la lecture »
Entre 15 à 24% des élèves ne maîtrisent pas la lecture et l’écriture à leur entrée en sixième. Toutes classes sociales confondues. Devant ce constat préoccupant, l’association Convergences Dys a lancé le site Clinique-scolaire.org. Présidée par Marc Delahaie, médecin phoniatre et docteur en sciences cognitives, l’association veut aider les parents à découvrir de quels maux souffre leur enfant. « Depuis dix ans, les professionnels de la santé prennent conscience du retard français en matière de lutte contre les troubles de l’apprentissage scolaire. Ces lacunes devraient être prises en charge par l’Éducation nationale, mais elle ne s’en donne ni les moyens humains ni financiers. Alors on agit à sa place », lâche Yves Daudu, éditeur du site internet. Clinique-scolaire.org offre des conseils gratuits aux familles et vend des logiciels à destination des élèves. Le site web comporte deux rubriques. La première, intitulée « Vous vous demandez ce que votre enfant a », permet aux parents de décrypter le comportement de leur progéniture et d’y déceler un éventuel problème. Exemples types : l’ennui en classe ou l’agitation. « On leur indique quand il faut s’inquiéter et quand il ne le faut pas », souligne Yves Daudu. La seconde rubrique s’adresse aux parents dont l’enfant a déjà été diagnostiqué. Le site leur explique alors vers qui se tourner. Trois logiciels sont également vendus en ligne : « Coup de pouce à la lecture », « Votre orthophoniste à domicile » et « L’outil de repérage à usage parental », dont les prix s’étalent de 49 à 99 euros. Un aspect marchand que déplore Vincent Lochmann, président de la Fédération française des Dys (FFDYS), qui regroupe les associations spécialisées dans les troubles du langage et de l’apprentissage : « On pousse l’internaute à acheter. Et puis, Clinique-scolaire.org offre des conseils que l’on trouve déjà sur nos sites en plus approfondis. » La FFDYS regrette aussi la place prépondérante laissée aux parents. « Ce n’est pas à eux de détecter les troubles de leur enfant, mais aux enseignants et aux professionnels de santé. » Si le but de l’initiative est de toucher un maximum de familles, Clinique-scolaire.org risque de rester hors de portée de celles fâchées avec l’informatique ou encore des ménages à faibles revenus. Yves Daudu le reconnaît lui-même : « Les parents à même de s’approprier le problème de leur enfant le feront, les autres resteront perdus. » Paru dans Libération du 25 mars 2011
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