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vendredi 24 juillet 2009 12:09

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Eh, l’internaute, t’as pas dix balles ?

Les sites appelant les internautes à contribution pour financer des projets artistiques se multiplient. Parmi eux, le récent Kickstarter est prometteur...

par Alexandre Hervaud

tags : web 2.0 , économie , blockbuster , Firefox , crowdfunding

Page d’accueil du site Kickstarter - DR

Lancé il y a plusieurs semaines, le site américain Kickstarter est un nouveau site collaboratif pour financer des projets divers. Derrière son slogan cool (« Idées fun et tentatives »), tous les types de projets sont les bienvenus : d’un documentaire sur la tentative d’un journaliste musical pour que le groupe rock anglais The Kinks se reforme au jeu vidéo d’aventure en 12 bit en passant par un projet de reportage photo à travers 50 états américains...

A première vue, rien de trop neuf sous le soleil 2.0. En France, ce genre de sites pullulent, se ressemblent (parfois) beaucoup, et n’ont qu’un objectif : faire de toi, l’internaute, le « coproducteur » du prochain film / album / jeu vidéo / projet artistico-humanitaire dont tout le monde parlera (du moins tous ceux qui auront contribué à son cofinancement). On peut citer par exemple les sites Touscoprod, We Have A Dream, Motion Sponsor, MyMajorCompany, Spidart... Pour certains projets, la quête virtuelle dépasse le simple besoin financier. Dans le cas de Largo Winch 2, un temps cofinançable via We Have A Dream, la seule idée d’avoir fait débourser 102 865 € à des internautes (soit 2939 « parts de rêves » à 35€) pourrait facilement faire tiquer les cinéastes indépendants en galère, vu le carton du premier film en salles... La véritable plus-value apportée par ce genre de sites est l’implication future des internautes dans la communication autour du projet, un « coproducteur » étant assez logiquement susceptible d’assurer un bouche-à-oreille positif autour du projet qu’il a « cofinancé ». Transformer des milliers d’internautes en micro-attachés de presse tout en recevant de l’argent : l’opération peut effectivement s’avérer vite rentable.

Mais revenons à Kickstarter, qui pourrait rapidement faire tomber tous nos a-priori sur ce genre de pratique... Le site a plusieurs caractéristiques appréciables : les créateurs de projet fixent un montant espéré, à atteindre au bout d’une certaine période. Les internautes intéressés ne versent pas d’argent directement, mais font « une promesse », qui ne sera débitée qu’une fois le montant visé atteint. Sur son blog Waxy, Andy Baio, récemment débarqué à la tête du service technique de Kickstarter, expliquait il y a deux jours « que depuis le lancement, plus de 250000 dollars ont été promis pour faire à peu près tout, des livres, magazines, albums, rééditions d’albums, pièces de théâtre, films, applications zombies d’iPhone et bien plus ».

Rencontré à Paris début juillet, peu après son intervention londonienne sur invitation du Guardian, Andy se montrait plus qu’enthousiaste par rapport au projet, qu’il a d’ailleurs testé en tant que concepteur d’un projet cofinancé (la réalisation de Kind of Bloop, album hommage au Kind of Blue de Miles Davis, entièrement joué en musique 8-bit...). Tous les « cofinanceurs » reçoivent des compensations sous une forme ou une autre, souvent en fonction de l’importance de leur apport.

Les transactions financières sont gérées par Amazon, ce qui pose un léger souci, espérons temporaire. En effet, s’il est permis à tout le monde de financer un projet via sa carte de crédit, il est pour le moment obligatoire d’avoir une adresse et un compte bancaire basés aux Etats-Unis pour pouvoir proposer un projet. Et quand bien même cet obstacle serait franchissable, les créateurs intéressés par ce type de financement doivent encore patienter un peu : les demandeurs de projets sont pour l’instant acceptés uniquement sur invitation après inscription.

Combien fais-tu perdre d’argent à ton entreprise ? - DR

En attendant, n’hésitez pas à financer notre projet coup de coeur, lancé il y a déjà 83 jours mais qui plafonne toujours à zéro dollars récolté : le pluging Firefox 9 to 5 Brow$er (9 to 5 pour les horaires d’une journée de travail habituelle). Installé à votre navigateur, il vous permet, après réglage des détails (votre salaire horaire, surtout) de savoir exactement combien d’argent vous faîtes perdre à votre entreprise en surfant sur le web. Certes, ça ne sert à rien, mais ça vaut bien ses 3000$. A condition de s’y mettre à beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Sur le même sujet :
Paye ton film d’abord ! (15/03/2009)


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