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lundi 25 février 2008 11:58

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Electronic Arts veut s’offrir Take Two, l’éditeur de GTA

Le géant américain du jeu vidéo est prêt à payer deux milliards de dollars pour acquérir l’éditeur de « Grand Theft Auto IV ».

par Sébastien Delahaye

tag : économie

Liberty City dans Grand Theft Auto IV. DR

Trois mois après le rachat d’Activision, alors deuxième éditeur mondial de jeux vidéo, par Vivendi (et la fusion, en cours, avec Vivendi Games pour former Activision Blizzard), le géant Electronic Arts vient de réagir en lançant à son tour une offre de rachat sur l’un de ses concurrents. Hier, en plein dimanche, EA a annoncé son intention de procéder à une OPA hostile sur l’éditeur américain Take Two, surtout connu pour ses labels 2K Games, 2K Sports et Rockstar Games. Le consensuel Electronic Arts se doterait, avec le rachat de Take Two, d’un catalogue de titres nettement plus controversés : Bioshock, Canis Canem Edit, les Manhunt et le très attendu Grand Theft Auto IV... et même l’Arlésienne Duke Nukem Forever ! Le rachat permettrait également à EA d’obtenir une quasi-suprématie dans le domaine des jeux de sports, entre son propre label EA Sports et celui de Take Two.

L’annonce hier a pris la forme d’une lettre ouverte du PDG d’EA, John Riccitiello, aux actionnaires de Take Two. Riccitiello y concède que le conseil d’administration de Take Two a refusé son offre, mais estime que le prix proposé (26 dollars par action, soit une prime de 64% par rapport au cours du titre Take Two au moment de l’annonce) est juste. Surtout, John Riccitiello insiste sur « l’avenir incertain » de Take Two et ajoute que les studios récemment rachetés par EA n’ont pas à se plaindre. Une affirmation amusante, puisque le même Riccitiello avouait il y a deux semaines, lors de la conférence de développeurs DICE à Las Vegas, qu’Electronic Arts avait raté de nombreuses intégrations dans les années précédentes.

Suite à la lettre ouverte d’Electronic Arts, Strauss Zelnick, le PDG de Take Two, n’a pas tardé à réagir dans un communiqué de presse, refusant une nouvelle fois l’offre de rachat. Zelnick estime que « l’offre sous-évalue nettement les marques robustes et stables de Take Two, sa créativité exceptionnelle et la loyauté de ses consommateurs ». Take Two refuse par ailleurs tout rachat avant la sortie, le 29 avril de Grand Theft Auto IV, plus gros jeu de l’année pour l’éditeur (et probablement l’un des plus gros titres de 2008, tous éditeurs confondus). Enfin, Zelnick a dévoilé toute la correspondance corporate entre les deux éditeurs, en signalant que Take Two se réservait désormais la possibilité d’ouvrir des négociations de rachat avec d’autres entreprises.

La crainte de sous-évaluation de Take Two peut se comprendre, tant le rachat fait figure de petit Poucet par rapport à celui d’Activision : alors que Vivendi avait payé près de 19 milliards de dollars (environ 12,75 milliards d’euros) pour obtenir l’éditeur de Guitar Hero, Electronic Arts espère récupérer Take Two pour à peine deux milliards de dollars (1,35 milliard d’euros). Presque une paille, quand on sait qu’EA a racheté en novembre dernier le couple de développeurs Bioware/Pandemic pour 860 millions de dollars. Mais malgré l’arrivée prochaine de Grand Theft Auto IV, Take Two accumule depuis quelques mois les soucis : le conseil d’administration de l’entreprise a subi de nombreux changements en un an (le dernier il y a dix jours), tandis qu’un scandale financier a forcé la plupart des exécutifs, dont l’ancien PDG, à quitter leur poste fin 2006. Et les rumeurs de rachat de l’entreprise se sont multipliées : la dernière (une offre de Viacom valorisant Take Two à environ 1,5 milliards de dollars) datait du 7 février.


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