Emouvante « vie difficile »
par Edouard Waintrop
tags : cinéma d’auteur , cinéphilie , le coin du cinéphile
Lea Massari et Alberto Sordi dans « Une vie difficile ». DR
Une vie difficile, film italien de Dini Risi (1961) avec Alberto Sordi, Lea Massari, Franco Fabrizi, Studio Canal, 113 minutes, 18 euros.
Jeunes gens, qui ne connaissez pas Alberto Sordi (1923-2003), sorte d’enfant d’Harry Langdon ou de Stan Laurel, chien battu superbe, éternel vaincu... jeunes gens donc qui n’avez pas vu grand chose de cette fameuse comédie italienne qui fut la reine de tous les cinémas dans les années 50 et 60, venez voir Une vie difficile, film tour à tour drôle et très triste. Cette saga mélancolique raconte l’histoire d’un homme inadapté à la vie parmi les loups que sont certains hommes pour leurs semblables. D’un type donc qui a vécu son âge d’or pendant la Résistance, non qu’il s’y soit montré particulièrement courageux ou génial, mais sa vie avait alors un sens. Les illusions et les espoirs de la Résistance ont vite été dissipés. Le film le montre et détaille la cruauté de la situation après guerre de ce partisan devenu quasi paria, de cet homme bafoué qui enchaîne les maladresses et perd presque sa femme et sa dignité. Il faut dire que le réalisateur aux commandes est Dino Risi et qu’il embraye sur la période la plus extraordinaire de sa carrière. Juste après Une vie difficile, Risi, cinéaste « a-idéologique », va tourner Le fanfaron, comédie tragique avec Jean-Louis Trintignant et Vittorio Gassman puis bientôt la Marche sur Rome (avec Tognazzi et Gassman), Le jeudi, petite merveille avec Walter Chiari et Michèle Mercier, puis les Monstres, formidable film à sketches. Que des films très réussis auxquels on peut quand même préférer cette Vie difficile, étonnante et émouvante. Avec donc des acteurs splendides, d’un talent fou, d’abord donc Sordi mais aussi Lea Massari, romaine à la beauté solaire, et Franco Fabrizi, qui fut en 1953, déjà avec Sordi, un des Vitelloni de Fellini, Une vie difficile ressemble aussi à une archéologie intime, celle de Risi et de Rodolfo Sonego son scénariste (celui aussi de Il scopone Scientifico de Comencini, du Satyricon de Fellini, et de Un Eroe dei nostri tempi de Mario Monicelli) , qui pourrait alors porter ce titre : « Comment nous avons perdu nos illusions ».
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
cinéma d’auteur - MegaUpload : la casse aux trésors
Actualit
Lib.fr
- Cravate, corbillard, camembert, ces noms propres qui deviennent communs
- La Cité de radieuse de Marseille meurtrie par l'incendie
- Total a enregistré un bénéfice record de 12,3 milliards en 2011
- «Le référendum est un outil très risqué»
- Ouganda: abandon de la peine de mort dans la proposition de loi anti-homosexualité


