vendredi 7 octobre 2011 11:49
En Colombie, la jolie dot du .co
par Michel Taille
tag : nom de domaine
G.co et T.co sont respectivement utilisés par Google et Twitter pour leurs liens courts.
De notre correspondant à Bogotá
C’est une mine d’or virtuelle que la Colombie gardait en sommeil : son extension de domaine sur Internet, « .co », qui taille des croupières au traditionnel « .com ». Réservé jusqu’à l’an dernier aux seuls Colombiens, le code national du pays andin — pendant du « .fr » français — a enregistré en quatorze mois de mise en vente à l’international 1,1 million de nouveaux sites, contre 28 000 auparavant. Tout comme le traditionnel « .com » — fort de 90 millions d’adresses — le sigle colombien peut évoquer « company », « communications », « commerce »… Avec l’avantage de compter une lettre en moins que son rival, à une époque où il faut tweeter bref. Les géants Google et Twitter ont mis en service leurs rétrécisseurs d’URL, qui fournissent des liens courts, sur « g.co » et « t.co », et le site de vente en ligne américain Overstock s’est payé un lifting en se renommant « o.co ». Avec ces gros coups, l’entreprise administratrice du domaine, .CO Internet SAS, espère provoquer un effet boule de neige. « Il y a 100 millions de clics par jour sur "t.co", assure son vice-président, Eduardo Santoyo. Une belle publicité pour que les internautes comprennent que le ".co" n’est pas une faute de frappe mais bien une nouvelle possibilité. » L’ex-administrateur de l’extension, l’université des Andes, avait attiré l’attention sur ce potentiel économique dès le début des années 2000. Mais il a fallu d’interminables forums et atermoiements pour que le domaine soit enfin commercialisable à l’étranger, puis que l’Etat, habitué à sous-traiter la moindre étude, sélectionne un opérateur privé. L’obtention d’un domaine en ".co" a été simplifiée — il est attribué en cinq minutes contre deux à trois jours auparavant, selon Santoyo — et le négoce commence à rapporter. « Ça ne va pas mal pour nous », rit le vice-président. Pour les Colombiens non plus, officiellement : un prélèvement moyen de 25% sur les résultats bruts de l’entreprise doit financer la massification du Net dans le pays. Deux millions de dollars (1,5 million d’euro) auraient déjà été versés à un fonds public… dont les villageois colombiens verront peut-être la couleur avant dix ans. Paru dans Libération du 6 octobre 2011
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