mardi 6 décembre 2011 10:59
En attendant 2013
par Olivier Séguret
tag : Moi jeux
Photo terren in Virginia, CC BY
L’heure approche où l’on se retourne sur l’année (presque) écoulée. Le premier obstacle qui s’oppose au regard rétrospectif est celui du tumulte et de la confusion, dont les fumées, la poussière ou les paillettes n’ont pas fini de se dissiper. Comme le disait récemment le site professionnel britannique Gamesindustry.biz, nous venons sans doute de vivre l’une des meilleures saisons de l’histoire du jeu. En termes de créativité, d’éclat technologique, de profondeur, de maturité et de plaisir, les jeux figurant de cette fin 2011 forment une cohorte d’une densité et d’une diversité inédites, sans que l’on puisse réellement en trancher le sens : s’agit-il d’un chant du cygne, d’un point d’orgue fortuit, ou d’un nouveau cycle édénique où cette abondance deviendrait la norme ? Parce qu’elle n’échappe pas plus que les autres à la vanité et à la frivolité des récompenses en tout genre, l’industrie du jeu a elle-même commencé à plancher sur son bilan 2011, notamment avec l’élection du très consensuel GOTY (Game of the Year ou Jeu de l’année), jamais synonyme de prise de risque mais qui reste l’une des rares médailles du secteur ayant acquis en quelques années la visibilité d’un véritable label auprès des diffuseurs et des joueurs. Ces derniers peuvent participer au vote sur le site des Video Game Awards (1) et élire leur GOTY parmi les cinq arrivés en tête : Portal 2, Batman AC, Uncharted 3, Skyrim et le dernier Zelda. A l’exception du premier, tous les autres sont des sorties récentes, et même fumantes dans le cas de Skyrim. Cette proximité s’explique en partie par le vieil effet du « c’est le dernier qui a parlé qui raison ». Mais il faut y voir aussi le signe de cette concentration objective de grandes réussites qui ont émaillé l’automne. On peut espérer que cela dure encore un peu dans la mesure où l’effet de cycle commence à jouer à plein : les développeurs maîtrisent désormais pleinement les technologies de l’actuelle génération de consoles, et de nombreux jeux programmés pour 2012 en témoigneront. Mais se dessine du même coup une menace : les consoles « next gen » se profilent à l’horizon 2013 et les studios commencent à retenir leurs meilleurs projets pour le lancement de celles-ci. En conséquence, 2012 pourrait être une année de faste et cependant de doute, comme de profonde transition. (1) A suivre sur Spike.com le 10 décembre. Cette chronique reprendra en janvier. Paru dans Libération du 5 décembre 2011
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