dimanche 25 janvier 2009 15:18
En réservant pour l’expo
Chaque samedi, la techno-chronique de Pierre Marcelle.
par Pierre Marcelle
tag : e-commerce
C’est entendu : depuis que le petit commerce autant que le gros business se font en ligne, le consommateur, client ou usager, n’a le plus souvent d’autre choix que de faire avec. Mais même avec la meilleure volonté du monde, ces trafics ne sont pas si aisés. Passons sur les taquineries de Mme SNCF dans la présentation, sur le Net, de ses tarifs, horaires et itinéraires, et de même sur les joyeusetés présidant à la réservation d’un siège sur un aéronef (alors, six mois avant ou la veille au soir ?). Ainsi se promeuvent, chez le citoyen normalement soucieux du prix des choses, des réflexes minables de boursicoteur minuscule, condition à laquelle certainement il n’adhère pas, mais comment faire autrement, quand Internet est devenu un check point verrouillé mieux qu’à Gaza pour obtenir, par exemple, un ticket d’entrée pour visiter une exposition ? Même aux tout derniers jours de celle consacrée au Grand Palais à Emil Nolde, pour qui n’avait numériquement réservé, c’était trois quarts d’heure d’attente pluvieuse obligée… Va donc pour la réservation, avec son désagrément induit : plus de flânerie légère ni improvisation dans la grande ville, le nez au vent de l’offre culturelle. Prévoir et calculer sont devenus maîtres mots, induisant en l’occurrence l’inscription sur le site de la Fnac ou équivalent, où, en son sabir, un robot vous enjoint de « générer » (sic) votre billet… Et vous pensiez gagner du temps - ce qui, rappelons-le, constitua la raison du truc ? C’était sans compter sur les gros malins ayant conçu votre parcours d’obstacles numériques, dont vous allez mesurer la perversité : pour inscrire les « civilités » vous identifiant, votre numéro de carte bleue doit être frappé avec ses espaces ; pour payer votre billet (qu’il vous restera à imprimer vous-même - l’arnaque est désormais bien balisée), le sésame devra s’inscrire sans espaces ! Soit deux protocoles différents pour le même objet, qui auront le don de vous rendre dingue : les trois quarts d’heure qu’il vous aura fallu pour assimiler ça, à travers force empiriques tâtonnements, vous eussiez bien mieux fait, vous dites-vous, de les passer au grand air de la queue…
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