mardi 22 avril 2008 17:42
Encyclopedia Britannica gratuite pour les blogueurs
par Astrid Girardeau
tags : blog , Wikipédia , encyclopédie , gratuit
DR
Ces dernières années, avec l’avènement d’Internet, l’Encyclopaedia Britannica a gagné en réputation (grâce aux « adversaires » de Wikipédia) ce qu’elle a perdu en utilisation. Selon Comscore, pour chaque page vue sur le site de Britannica, 184 pages sont consultées sur Wikipedia. Si la célèbre encyclopédie a su prendre le tournant du CD-Rom, elle a un peu loupé celui d’Internet. Partant probablement de ce constat, Britannica s’est créé un flux RSS, a ouvert un compte Twitter, et surtout a lancé, la semaine dernière, WebShare. Il s’agit d’un accès libre pendant un an à l’intégralité des 32 volumes, pour toutes les personnes qui écrivent régulièrement sur le web. Concrètement, pour bénéficier de l’offre, il faut remplir un formulaire sur leur site, et indiquer le nom de son site ou de son blog. Ils décident alors s’ils valident ou non l’inscription et renvoie un mail dans les deux jours. En cas de réponse positive, un code donne alors accès à tous les contenus du site en ligne : articles, images, vidéos, dictionnaire, etc. Ensuite, s’il n’est pas autorisé de reprendre du texte ou des images sur son site, il est possible de faire des liens vers des articles. Et c’est même fortement recommandé. En fait, tout l’intérêt de cette opération, pour Britannica, est d’être lu et cité à flots. Et donc à la fois être mieux référencé dans Google, et séduire de possibles nouveaux adhérents payants (l’inscription annuelle est à 69,95 dollars). Ils le disent d’ailleurs clairement dans leur FAQ : « on a un site avec plus d’informations utiles, de confiance et de haute-qualité, et on aimerait que plus de gens le voient et l’utilisent. » Et à la question « N’allez vous pas perdre de l’argent ? » Ils répondent : « On ne pense pas. Au contraire, si beaucoup d’éditeurs web utilisent nos produits et les partagent avec leurs lecteurs, on s’attend à ce que beaucoup de gens viennent s’inscrire. » Faire des liens, c’est bien. Mais si tout le monde pouvait lire les articles, ce serait mieux. Car en proposant un lien vers un article de l’Encyclopaedia Britannica (exemple), ce dernier n’est lisible qu’aux abonnés. Les autres ont accès une version de l’article bardé de publicités, et surtout caché par une fenêtre intempestive (même s’il est toujours possible de copier-coller le texte, mais on a vu plus pratique) qui propose un essai gratuit (« Free Trial ») de l’encyclopédie pendant sept jours. Pour bénéficier de cette offre, il faut donner son numéro de carte bleue, et penser à se désabonner avant la fin de la période d’essai, sinon un abonnement (payant) est automatiquement facturé. Alors, Wikipédia doit-elle avoir peur ? Non. Tout d’abord, car Wikipédia milite pour que les utilisateurs multiplient les sources fiables. Aussi, car Britannica WebShare propose 122 264 articles uniquement en anglais, contre plus 2 340 000 sur Wikipédia en anglais, et des centaines de milliers en allemand, français, italien, polonais, japonais, etc. Ensuite car tous les contenus de Britannica sont sous copyright, alors que ceux de Wikipédia sont sous Licence de documentation libre GFDL. Et enfin, car Britannica n’est pas un wiki. Si pour certains, c’est un gage de bonne qualité, ça implique aussi que Britannica est beaucoup moins réactif, et couvre très peu l’époque contemporaine. On y trouve ni « wi-fi », ni de « Michel Gondry » et encore moins de « Philippe Manœuvre »...
Pour les non-abonnés - DR
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