mardi 31 mars 2009 17:45
Endemol, une valeur dure
MIP. Hier à Cannes, son nouveau boss Ynon Kreiz assurait le show.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tag : MIP Cannes
CANNES, envoyés spéciaux
Dans le hall, un immense logo comme tombé du ciel trône sur des gravats. A côté, une affiche vante le dernier concept : Someone’s got to go (« Il faut bien que quelqu’un parte ») où les employés d’une société au bord de la faillite doivent décider eux-mêmes qui doit aller pointer au chômage. Voilà Endemol : du chic et dans un style absolument pas pompier. Mais ce n’est rien à côté de la conférence donnée hier au MIP TV par Ynon Kreiz, grand manitou d’Endemol, pour présenter les « secrets les mieux gardés » de la société de production dont les deux fleurons sont Big Brother (Loft Story) et Deal or Not Deal (les boîboîtes d’Arthur). Sur l’écran géant, un satellite vous saute à la gueule, dont jaillit une flopée de caméras et, dans un fracas pétaradant, un bombardement de chiffres : 40 000 (heures de programmes produits chaque année dans le monde), 26 (pays où Endemol a des filiales), 400 (chaînes achetant ses émissions). Et voilà l’homme : Ynon Kreiz, 43 ans, israélien, le visage taillé à la serpe, croisement entre Big Jim et Schwarzenegger. Pendant trois quarts d’heure, le nouveau (il a été nommé en mai dernier) patron vend sa soupe, entrelardée de clips rugissant les succès du premier producteur indépendant au monde. « Quelle est notre sauce secrète ? » badine-t-il. « La créativité », répond-il. Wow. Le vrai secret, c’est, dit-il, la fiction. Les essais sont plutôt timides (on notera The Dead Set où des zombies prennent d’assaut le plateau de… Big Brother). Du coup, Endemol achète : c’était, fin 2008, la société de production Southern Star, richement dotée de 15 000 heures de fictions en stock. Enfin, Ynon Kreiz revient aux premières amours d’Endemol, la télé-réalité et l’originel Big Brother lancé il y a dix ans aux Pays-Bas et qui depuis a essaimé dans 60 pays. Et c’est pas fini, annonce Kreiz, calculant qu’il lui reste 130 pays à conquérir. « Comme James Bond, Mickey et Manchester United, déclame Kreiz, Big Brother est fait pour durer. » Eh ben. Paru dans Libération du 31 mars 2009
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