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lundi 12 mai 2008 08:46

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« Engrenages », des Frenchies bien huilés

Série. Sur Canal +, début de la très attendue saison 2, sur un rythme toujours aussi enlevé.

par Bruno Icher

tags : série , polar

Gregory Fitoussi, Caroline Proust, Audrey Fleurot, Philippe Duclos dans Engrenages. Photo Thierry Ozil. Canal+

Engrenages, Saison 2. Scénario de Virginie Brac, réalisation de Gilles Bannier, Philippe Venault et Philippe Triboit.

La première saison d’Engrenages avait été, voici deux ans, l’une des bonnes surprises de la fiction française à la télévision. Son rythme éclaté et son souffle sombre avaient même emporté le morceau auprès des abonnés de Canal +, pourtant pas commodes à fidéliser, sauf à propos de football. Bref, la saison 2 était très attendue, d’autant que cette seconde fournée ne déboule sur les écrans qu’à présent, après une année blanche. Entretemps, Canal avait trouvé de quoi s’occuper en vendant la série vers le Japon, l’Australie et la BBC, un tour de force pour une production française.

Premier constat, la formule de cette chronique judiciaro-policière a été reproduite à l’identique de la première saison. Une intrigue fil rouge qui traverse la saison, entrelardée d’autres « petites » affaires, illustrant la pesanteur et la cruauté du quotidien, qui seront bouclées avec plus ou moins de réussite dans chaque épisode par ces flics et ces magistrats fourbus.

Rien de révolutionnaire donc, les séries britanniques ou américaines le font depuis des lustres. Mais c’est probablement grâce à ce rythme syncopé, entre routine tragique, dépression nerveuse et exaltation de la chasse d’un gros gibier, qu’Engrenages saison 2 trouve la bonne distance.

L’enquête principale vise un caïd qui s’imagine rappeur mais qui excelle davantage dans le trafic de dope et le meurtre sadique. Pendant qu’ils remontent centimètre par centimètre la piste qui doit les conduire au truand et, imagine-t-on, à ses puissants fournisseurs, les fonctionnaires doivent aussi se farcir les violences conjugales ou une poisseuse histoire de viol chez des gens comme il faut. Procédures fastidieuses, filatures, interrogatoires, ratages, le tout souvent assorti d’impuissance. Le système est bancal, soumis à l’incompétence des uns, l’ambition des autres et la vanité de tous, mais il faut faire avec, parfois au prix d’arrangements crapoteux qui mettent sur un pied d’égalité héros positifs et salopards de la pire espèce.

Car le leitmotiv d’Engrenages, c’est bien la vulnérabilité de ses personnages. Pierre Clément (Grégory Fitoussi), le jeune vice-procureur, idéaliste puéril et qui se laisse facilement flatter et embobiner ; le juge d’instruction François Roban (Philippe Duclos), obsessionnel efficace et pathétiquement solitaire ; Joséphine Karlsson (Audrey Fleurot), l’avocate sans scrupule toujours au bord du gouffre ; Laure Berthaud (Caroline Proust), la capitaine de police pugnace qui se demande à 34 ans, sans mec ni enfant, ce qu’elle peut bien foutre dans une cage d’escalier puante à risquer sa vie tandis qu’elle fait l’objet d’une enquête de l’inspection générale des services. La noirceur dont se réclame, à juste titre, Engrenages est donc une vieille affaire de polar. Violent, tranchant, désespéré, injuste. Pourvu que ça dure.

A voir sur le net :
- Canal+ diffuse sur son site le premier épisode de la série


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