jeudi 3 mai 2007 19:12
Etats-Unis : l’armée retire ses blogs d’Irak
La diffusion d’informations par les soldats américains stationnés en Irak vient d’être drastiquement restreinte. En première ligne, internet et les blogueurs.
tags : politique , blog , liberté d’expression
Les soldats américains engagés en Irak doivent désormais obtenir l’autorisation d’un supérieur avant de poster sur un blog, d’envoyer un mail ou de contribuer à un forum. C’est Noah Shachtman, journaliste pour Wired, qui révèle la directive datée du 19 avril dernier et instaurant ce fonctionnement. Le document, confidentiel, stipule que soit « examinée avant la publication » toute information destinée à être diffusée sur le web. En cas de manquement, c’est-à-dire de diffusion de données « sensibles ou critiques », le coupable s’expose à un passage en cour martiale, voire à « des procédures administratives, disciplinaires, contractuelles ou criminelles ». Cette mesure, la plus contraignante depuis le début de la guerre en Irak, devrait particulièrement toucher les blogs militaires (ou « milblogs »), qui depuis le début du conflit en mars 2003 sont devenus des relais d’information privilégiés, en marge de la communication officielle de l’état-major. Pour ce dernier, le phénomène est devenu problématique quand des informations de plus en plus précises ont commencé à atterrir sur la toile, comme avec ce récit d’une escarmouche, qui avait valu à son auteur d’être écarté de certaines opérations. Mais encore récemment, il était simplement demandé aux soldats de consulter un supérieur en cas de doute avant la publication. Nettement plus radical, le nouveau règlement a provoqué une vague d’incompréhension. Pour nombre de blogueurs militaires, la méthode s’apparente à un archaïsme contre-productif. « C’est la voix la plus honnête qui provient des zones de guerre. Et on la réduit au silence », explique à Noah Shachtman l’ancien soldat Matthew Burden de Blackfive. Beaucoup relèvent également l’inanité d’une mesure jugée inapplicable. Pour Nuding, de Dadmanly, « les officiers n’auront pas d’autre choix que d’interdire à leurs soldats d’utiliser des logiciels de messagerie, à moins d’aller avec eux au cybercafé ».
Partager cet article
Partager Tweet


