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mardi 27 décembre 2011 14:25

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Etats-Unis : les internautes veulent que GoDaddy coule

par Sophian Fanen

tags : Wikipédia , piratage , liberté d’expression , hébergeur , États-Unis

DR

C’est la débandade sur les serveurs de GoDaddy, premier hébergeur aux Etats-Unis et l’un des plus gros bureaux d’enregistrement de noms de domaines du monde, qui gère environ 32 millions de domaines actuellement. En huit jours, ce géant du net a vu partir plus de 80 000 sites en colère contre le soutien de GoDaddy aux propositions de loi dites Sopa (Stop Online Piracy Act) et Pipa (Personal Information Protection Act). Ces textes proposent, comme nous l’expliquions ici, que tout site Internet soit tenu responsable du contenu posté par ses utilisateurs et puisse être bloqué aux États-Unis s’il contient la moindre infraction au droit d’auteur — ne serait-ce qu’un lien hypertexte. Dans son communiqué, GoDaddy se justifie en expliquant que « l’entreprise a une longue tradition en faveur de la legislation fédérale chargée de combattre les conduites illégales sur Internet ».

80 000 transferts de comptes sur un total de 32 millions, c’est peu, et le bilan mensuel des entrées et sorties sur les serveurs de GoDaddy (Domaincontrol) reste positif. Mais l’image de la compagnie qui se veut cool et se paye des pubs (nazes) pendant le Superbowl a pris un sérieux coup médiatique lorsque de grands noms comme Reddit, puis le réseau Cheezburger (I Can Has Cheezburger, FailBlog, Failbook...) et Wikimédia ont annoncé leur départ.

 

David Luksa résume bien la situation sur Reddit - DR

 

« Je suis fier d’annoncer que les noms de domaines de Wikipedia vont être retirés de GoDaddy. Sa position sur Sopa est inacceptable pour nous », a tweeté Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie collaborative, qui rejoint Google et Facebook dans la lutte contre Sopa.

Pour tenter de sauver les meubles, et pendant que ses commerciaux supplient les clients de rester, GoDaddy a publié ce même vendredi 23 décembre un communiqué où l’entreprise revient sur sa décision, dans une langue floue qui ne fait qu’aggraver son cas pour les internautes :

« Tout en changeant sa position, GoDaddy demeure inébranlable dans sa promesse de soutenir la sécurité et la stabilité d’Internet. Cependant, dans un effort pour éliminer toute confusion quant à son revirement sur Sopa, nous avons retiré les posts qui reprenaient des parties de la loi qui ont été soutenues par GoDaddy. »

 

 

Alors que la Wikipédia anglophone se retire peu à peu, la fronde continue de prendre de l’ampleur via la communauté de Reddit, d’où ont émergé les sites GoDaddyboycott et NoDaddy, ainsi qu’un appel à un move your domain away from GoDaddy day ce jeudi 29 décembre.

 

 

Pendant ce temps, flairant le bon filon qui non seulement leur livre des clients sur un plateau mais en plus soigne leur image en ligne, d’autres hébergeurs comme Name, Namecheap et Hostgator ont rappelé leur opposition de la première heure au projet Sopa et offrent des réductions aux exilés de GoDaddy.

Désormais, les internautes demandent à GoDaddy d’aller plus loin qu’un post en ligne, et d’adresser un courrier au Congrès stipulant noir sur blanc son refus de voir les lois Sopa et Pipa régir Internet aux Etats-Unis. Stoppées par les vacances parlementaires la semaine dernière, les discussions sur les amendements, préliminaire au vote, ont été repoussées au mois de janvier.


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