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jeudi 26 novembre 2009 13:10

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Etes-vous twoosh ou hashtag ?

par Astrid Girardeau

tags : linguistique , twitter

Tweet culinaire par Eni Kao

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Twitter veut faire son beurre

Lancé en 2006, gratuit et sans pub, le site de microblogging est un phénomène qui entend désormais devenir rentable. Au menu : comptes payants, accords avec des moteurs de recherche et arrivée des annonceurs.

A son lancement en 2006, Twitter est en anglais. Il faut attendre 2008 pour la première version locale, en japonais. Après l’espagnol il y a un mois, le site de microblogging existe, depuis la semaine dernière, en français. L’accueil a été mitigé. Mauvaise traduction et/ou habitudes déjà ancrées ? A ce jour, les francophones préfèrent follower à abonné.

Cela vous interpelle autant qu’une thèse sur « Les usages de l’infini chez les penseurs présocratiques » ? Comme tout service - ici l’envoi de messages, dit tweets, limités à 140 caractères maximum - Twitter a son propre langage. Mélange de termes conçus par ses créateurs pour identifier le produit, et de formules développées par les membres eux-mêmes - les twitterers ou twittos (peu usité) -, pour faciliter ou pimenter leurs pratiques.

C’est l’heure de votre premier tweet. Vous voilà seul(e) face à LA question en haut de la page : « What are you doing ? » (« Qu’êtes-vous en train de faire ? »). Enfin, depuis la semaine dernière elle a été remplacée par « What’s happening ? » (« Quoi de neuf ? »). Une modification apparemment anodine, mais qui souligne l’évolution de l’usage de Twitter. Du « je raconte ma vie » à « je raconte ce qui se passe » (chez mon voisin ou sur la vie sexuelle des mustélidés).

Là, deux alternatives. Option 1, vous vous lancez : « Je me présente, je m’appelle Henri. Je voudrais bien réussir ma vie, être aimé. Etre beau, gagner de l’argent. Puis surtout être intelligent. » Bingo ! Sans vous vous en apercevoir, vous avez fait un twoosh, soit un tweet de 140 caractères pile-poil. Option 2, vous commencez, timidement, par un Re-tweet, ou RT. C’est-à-dire re-publier le message posté par un twitterer (nous n’avons perdu personne en route ?) pour le partager avec votre réseau.

Recevoir le flux de quelqu’un fait de vous un de ses followers (membre qui le lit), et de lui l’un de vos followings (compte que vous suivez). Un beau matin, en lisant : « Je pensais aller à BXL mais il n’y a pas de 41 en shoes ! :( Mes pieds se sentent discriminés. Lol », vous jugez, finalement, partager peu avec son auteur. Un clic discret sur le bouton Unfollow, et c’est réglé. En continu, tous les messages (reçus et envoyés) viennent automatiquement s’empiler dans la timeline (page personnelle).

Twitter permet aussi de répondre à un tweet. On exécute alors un reply qui s’affiche sous la forme @pseudo suivi de votre message : (« nk_m). Le Direct Message - ou DM - permet, lui, d’adresser un message privé, visible seulement par son destinataire. Par exemple pour prendre contact ou demander une information. Hélas, il est beaucoup utilisé par les spammeurs.

Terme barbare pour « mot-clé », le hashtag sert à la base à référencer les contenus. On peut en effet indexer un tweet simplement en insérant « #mot-clé » dans le corps du message. Cela permet, via le moteur de recherche, de retrouver tout ce qui est lié à un thème (« #h1n1 » « #Hadopi », etc.). Mais toute brèche de créativité étant bénie dans Twitter, cette chambre de bonne de la communication, les membres n’ont pas tardé à s’en emparer. Et, aujourd’hui, le hashtag est en grande partie utilisé pour caractériser le ton d’un message de façon concise et souvent drôle : « #cavachier », « #alarrache », « #laconnerienapasdelimite », « #desole », , « #3615 », « #beignetbientotenglouti ». Ou, pour rester dans le culinaire : « Frire 2 tranches de bacon & 1 oignon en dés, ajouter 2 tomates en lamelles, 3 feuilles de basilic haché, 5 œufs. #miam #pour2 »

Dans « site de réseau social », il y a « réseau » et il y a « social ». Alors chez Twitter, tous les vendredis, c’est la fête du FF, ou Followfriday. Une pratique qui consiste à conseiller à ses followers de suivre d’autres membres. Cela apparaît sous la forme de liste : « #FF @darthvader @jacques_chirac @richardtrois ». Une fois encore, l’initiative ne vient pas du site, mais de l’un de ses utilisateurs, Micah Baldwin (@Micah) qui, un matin de janvier dernier, a lancé l’idée. Le soir même, le phénomène avait pris.

Si l’anglais vous hérisse le poil, il faut savoir que la version française conserve une bonne partie des termes en VO (« tweet », « twoosh », « hashtag »…). De plus, on conseillera aux novices de se connecter en mode anglophone, car les pages d’aide, elles, n’existent qu’en anglais.

Paru dans Libération du 26 novembre 2009


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