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vendredi 18 septembre 2009 11:46

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Exposition de canines

« La Lignée » répand virus et zombies dans un New York horrifique.

par Frédérique Roussel

tags : fantastique , livre , vampire

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Del Toro : « Le beau vampire me fatigue »

Entretien avec Guillermo Del Toro, co-auteur d’un roman fantastique, la Lignée, avec Chuck Hogan.

Trente secondes après l’atterrissage à New York du vol 753 en provenance de Berlin, silence radio. Tous les passagers semblent avoir trépassé. Un avion en guise de cercueil arrive sur Manhattan, la première scène de la Lignée sent la ficelle facile. D’autant que sa soute en contient un de cercueil, format armoire normande, d’un âge certain et garni de terre polonaise. Un vampire, garanti Europe de l’Est, vient de débarquer en ville. « Vous vous figurez un acteur cabotinant en cape de satin noir, une séduisante incarnation du pouvoir dissimulant ses canines, ou un être en proie à des maux existentiels, ployant sous le fardeau de l’immortalité », ironise Abraham Setrakian, vieux prêteur sur gage polonais, qui joue les Van Helsing du roman.

Si le duo d’auteurs surfe sans vergogne sur le raz-de-marée énamouré qu’a suscité la publication de la tétralogie Twilight de Stephenie Meyer, il a aussi décidé d’en prendre le contre-pied. Rien d’étonnant au vu du pedigree de l’un, ami des monstres en tous genres au cinéma, et de l’autre, fabricant de thrillers à faire frissonner dans les chaumières. La Lignée, façonné comme un blockbuster, ne voit rien de glamour ou de romantique dans le vampire et revisite le mythe à canines dans ses croyances les plus ténébreuses. Tremble New York, le voyageur au cercueil a pour mission principale de répandre un virus (tiens donc…) tout en se nourrissant de sang humain. Ce virus, inoculé grâce à un dard véloce et rosâtre capable de toucher sa proie à près de deux mètres, transforme le corps de ses victimes de manière à assurer sa propre survie et à continuer à infecter autrui. Les parents contaminent leurs enfants, et vice-versa. Des zombies blafards errent dans les rues à la recherche de sang frais. Une semaine suffirait à éradiquer Manhattan, deux mois pour la planète entière.

Le roman va presque aussi vite en besogne. Scènes courtes, rapides, quasiment formatées pour une adaptation à l’écran. Pas de vrai ­héros mais une série de personnages récurrents  : le virologiste Ephraim Goodweather, le chasseur de vampires rescapé de Treblinka, Gus le petit trafiquant mexicain, un éradicateur des services de la ville… Des résistants qui vont bien vite réactualiser les bonnes vieilles recettes du folklore  : ni crucifix ni eau bénite, séparer la tête du corps reste encore le meilleur moyen de venir à bout des créatures. L’action halète, seul le vénérable Setrakian apporte un brin d’épaisseur dans la course de l’abomination et de la narration. Qui ne s’arrête ici que sous la forme d’un cliffhanger. Efficaces tout de même, les vampires sont encore parmi nous pour deux tomes.

Paru dans Libération du 17 septembre 2009


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