vendredi 6 février 2009 11:17
FDN : « on est tous autant adhérent que bénévole »
par Astrid Girardeau
tags : interview , FAI , histoire
Depuis onze ans, Benjamin Bayart est le président de FDN (French Data Network), une association qui fournit depuis 1992 un accès au réseau Internet à ses adhérents. Présentation. Qu’est-ce que FDN ?
Aujourd’hui qui est adhérent à FDN ?
Pourquoi ne pas avoir évolué et être devenu Free ?
Et quels sont les principaux revers pour ce type de structure aujourd’hui ?
C’est le plus vieux fournisseur d’accès à Internet en France. Association de loi 1901, elle fonctionne depuis toujours entièrement sur le bénévolat. J’en suis le président depuis 11 ans. On a fourni Internet en 1992 à des gens qui avaient découvert le net et voulaient y accéder. Si aujourd’hui on est une solution alternative, à l’époque on était juste la seule.
Il y a deux grandes familles. D’un côté des gens qui veulent travailler avec une association, ne pas être le numéro x et appeler une hot-line délocalisée dieu seul sait où. Ici, s’ils ont des questions à poser, ils vont avoir quelqu’un qui est adhérent comme eux. De l’autre, ce sont les technophiles, les « geeks à poil dur » qui veulent savoir comment fonctionne leur accès, pouvoir mettre les doigts dedans, et s’offrir des configurations, pas extraordinaires, mais que Free ou Wanadoo n’offrira pas. Cela demande de traiter les demandes à la main au cas par cas, une par une. Ce n’est pas rentable. Or dans un cadre associatif, qui fonctionne sur du bénévolat, on s’en fiche.
En fait, la question ne s’est jamais posée. D’abord sur le business model et le développement économique, on est assez nuls. On n’a pas vu passer les opportunités. Et puis le modèle associatif nous interdit ce mode de développement, car s’il permet de gagner de l’argent, il ne permet pas d’en distribuer. De plus, vous ne trouverez jamais un banquier pour prêter cent sous à une association. Donc, un développement au sens industriel, économique, était simplement impossible. Pour nous, ça n’aurait pas eu de sens.
Justement qu’on ne fonctionne que sur le bénévolat, avec des adhérents et abonnés. Donc quand il y a un problème, s’il y a un des cinq ou dix bénévoles qui est en ligne, qui a vu passer le message, il va aller regarder. C’est généralement assez efficace, car il passe l’équivalent des trois niveaux de hot-line. Par contre, s’il n’y a personne de disponible, il n’y a personne. Et on ne peut pas leur en vouloir, tous ces gens ont un boulot. Et donc, a priori, un adhérent qui appelle pour se plaindre, qu’il paye son abonnement et que c’est en panne, il va se faire engueuler très vite. Car on est tous autant adhérent que bénévole.
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