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lundi 22 août 2011 16:21

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Facebook : Un Land allemand dit pouce au « J’aime »

par Geoffroy Husson

tags : facebook , Allemagne

Montage Ecrans.fr - "Je n’aime pas"

L’histoire d’amour entre Facebook et les Allemands n’en finit pas de connaître des rebondissements. Après une première critique en janvier dernier au sujet de l’utilisation du carnet d’adresse des utilisateurs pour rechercher les amis potentiels, puis une nouvelle polémique qui concernait cette fois la reconnaissance faciale au début du mois d’août, l’Allemagne continue de s’ériger en parangon de la défense des données personnelles avec cette fois, le bouton « J’aime ».

Une analyse du Centre indépendant de protection de la vie privée du Land de Schleswig-Holstein estime que l’utilisation de ce bouton sur des sites extérieurs à Facebook violerait la vie privée des internautes qui y navigueraient, et serait ainsi contraire à la législation allemande et européenne. En effet, ce bouton « J’aime » est une iFrame, un morceau de Facebook au sein même du site où il est implémenté, qui permet donc au réseau social de savoir où ses utilisateurs sont allés quand ils sont ailleurs sur le web. D’après le communiqué de presse du Centre, le réseau irait encore plus loin : « Quiconque a déjà été sur Facebook ou a utilisé un de ses plugin doit être conscient qu’il est suivi par l’entreprise pendant deux ans ». Facebook collecterait donc les données des internautes, et pas nécessairement des seuls utilisateurs inscrits, pendant deux ans à compter du jour où ils visitent un site où serait implanté le bouton « J’aime ». Un argument supplémentaire contre la mise en place du bouton.

Face à cette violation de la vie privée, le Centre indépendant de protection de la vie privée demande donc aux sites des institutions du Land de Schleswig-Holstein, ainsi qu’aux éditeurs de sites dans le Land de retirer le bouton avant la fin du mois de septembre, sous peine d’être condamné à une amende de 50 000 euros. Un homme averti en valant deux, le centre réitère ses précautions en encourageant les internautes à ne pas cliquer sur le bouton et à ne pas s’inscrire sur Facebook. Rien de moins.

La réponse de Facebook ne s’est pas faite attendre. D’après son porte-parole Patrick Noyes, l’entreprise n’est pas en cause : « Nous rejetons toutes les accusations selon lesquelles Facebook ne se plierait pas aux standards européens de la protection des données. Le bouton J’aime de Facebook est si populaire parce que les gens ont un contrôle complet sur la façon dont leurs informations sont partagées à travers celui-ci ». Un autre porte-parole a déclaré à l’agence AP : « nous supprimons les données techniques dans les 90 jours, c’est en conformité avec les standards classiques de l’industrie ». Deux ans d’un côté, 90 jours de l’autre, il faudra sans doute attendre les conclusions de l’enquête du Centre indépendant de protection de la vie privée pour en savoir plus. Le Centre précise en effet qu’il ne s’agit que d’une première étude faite au sujet de Facebook, et que d’autres suivront.


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