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jeudi 2 février 2012 12:15

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Facebook aimerait confirmer Pékin comme ami

tags : réseau social , facebook , Chine

Photo, CC BY

Facebook, qui s’apprête à réaliser la plus grosse introduction en Bourse jamais effectuée par la net-économie, souhaiterait s’implanter à nouveau en Chine, immense réservoir d’internautes où il est censuré. Mais les analystes doutent que cela se fasse dans un avenir proche. « Il y a plus de deux milliards d’utilisateurs de l’Internet dans le monde que nous cherchons à connecter entre eux », a plaidé dans son dossier d’introduction boursière le numéro un des sites communautaires.

Facebook, tout comme la plateforme de microblogging Twitter, a été bloqué en Chine par les autorités depuis les émeutes meurtrières de la région du Xinjiang musulman (ouest) en juillet 2009. Et n’est accessible que grâce à des « proxy », des serveurs délocalisés capables de déjouer la censure. Facebook n’envisage pas de s’implanter en Chine à court terme, a déclaré en novembre 2011 son fondateur et patron Mark Zuckerberg. « Pour le moment, il y a encore tellement d’espace pour se développer dans de nombreux autres pays que ce n’est tout simplement pas la première chose qui nous préoccupe », avait affirmé M. Zuckerberg, qui s’est mis au chinois en 2010.

Reste que, dans le maillage planétaire de Facebook, la Chine qui compte désormais plus d’un demi-milliard d’internautes fait figure de pièce maîtresse manquante pour le réseau social qui relie déjà 845 millions d’inscrits. La directrice d’exploitation de la firme, Sheryl Sandberg, avait d’ailleurs clairement indiqué qu’à terme Facebook voudrait s’implanter en Chine : « si notre mission est de connecter le monde entier (...), on ne peut pas connecter le monde entier et pas la Chine », avait-elle dit.

Mais cette hypothèse a « zéro » chance de se réaliser dans le contexte politique chinois actuel, estime Bill Bishop, un consultant spécialiste d’Internet basé à Pékin. Anne-Marie Brady, une spécialiste de la propagande chinoise à l’Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), souscrit. La seule façon qui permettrait à Facebook de réintégrer la Chine serait que le réseau social se plie aux « mêmes exigences de censure chinoise que celles appliquées aux sites web établis en Chine », explique-t-elle.

Pékin est de plus en plus préoccupé par la capacité de la Toile à influencer l’opinion publique et le gouvernement est gêné par la montée en puissance des microblogs. La Chine a mis en place une censure de l’internet très perfectionnée, surnommée le « Great Firewall », jeu de mot en anglais qui mélange les termes « Grande Muraille » (Great Wall) et pare-feu (firewall). Ce système est destiné à filtrer toute information considérée par les autorités chinoises comme sensible ou politiquement nuisible, alors qu’un changement de dirigeants au sommet de l’État doit intervenir à l’automne. « En ce qui concerne 2012, je pense qu’il est peu probable que le gouvernement envoie un signal de libéralisation lors d’une période de conservatisme et de contrôle précédant la transition des dirigeants », juge Duncan Clark, président du cabinet de conseil BDA spécialisé dans le web.

Par ailleurs les autorités chinoises, qui ont suivi d’un oeil inquiet le printemps arabe, savent bien le rôle qu’ont joué les réseaux sociaux, en particulier Facebook, qui a servi d’outil de mobilisation rapide et anonyme comme d’espace d’organisation pour les militants pro-démocratie. « Le gouvernement est très conscient de la puissance de ces réseaux et de leurs menaces potentielles à son encontre », souligne M. Bishop.

(source AFP)


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