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lundi 14 novembre 2011 17:39

  • internet

Facebook contraint à respecter (un peu) ses utilisateurs

par Camille Gévaudan

tags : vie privée , facebook , États-Unis

Photo Global X, CC BY

Le Wall Street Journal nous apprend que désormais, « Facebook devra recueillir le consentement de ses utilisateurs avant de publier leurs données personnelles sous une forme différente de celle pour laquelle ils avaient préalablement donné leur accord. » — Parce que ce n’était pas encore le cas ? — Ha ha ha... Que vous êtes naïf, cher lecteur !

On le dira jamais assez : chez Facebook, l’opacité est plus qu’un métier ; c’est une vocation. Chacune des nouveautés que lance le réseau social cache une odieuse fourberie sous ses belles promesses de « rendre l’expérience plus lisse et plus facile » ou même de « changer l’univers ». Quels que soient l’amazing fonctionnalité ou l’awesome relooking vantés par l’équipe marketing, le résultat est le même : Facebook se procure de nouvelles informations à caractère privé sur ses 800 millions de membres, ou se procure le droit de les diffuser toujours plus largement.

L’exemple le plus significatif date de décembre 2010, lorsque Facebook a entièrement refondu ses paramètres de confidentialité pour les « simplifier » et garantir « un plus grand contrôle » de la part de l’internaute. Non seulement, l’utilisateur du site était sournoisement poussé à déverrouiller ses paramètres pour accepter de partager ses informations avec « Tout le monde », mais, plus scandaleux encore, la définition-même de l’expression « Tout le monde » a subitement changé. « Tout le monde sur Facebook » est devenu « Tout le monde sur Internet ». En choississant les nouveaux paramètres « recommandés » par Facebook, on rendait donc l’ensemble de son profil public et indexable par les moteurs de recherche, souvent sans s’en rendre compte.

De nombreux utilisateurs s’en sont plaints et des organismes de défense de la vie privée ont été saisis. L’Electronic Privacy Information Center, notamment, a porté plainte auprès de la Federal Trade Commission (FTC) américaine, arguant que les changements appliqués par Facebook étaient « malhonnêtes et trompeurs ».

En réponse, la FTC a concocté un pacte entre Facebook et le gouvernement américain, que les deux entités concernées devraient signer très prochainement selon le Wall Street Journal. L’accord « interdit à Facebook d’élargir l’audience ayant accès aux données privées des utilisateurs sans leur consentement explicite. » Il stipule également que Facebook fera l’objet d’audits réguliers et indépendants pendant les vingt prochaines années.

Un accord similaire a été signé cette année par Google, pour éviter que se reproduise la fâcheuse expérience Google Buzz, qui impliquait pour les internautes la mise à disposition publique de leur carnet d’adresses Gmail. Twitter, de son côté, paiera ses lacunes en matière de sécurité en se soumettant aux audits sur la vie privée pendant 10 ans. C’est long. Pour l’anecdote, le WSJ raconte d’ailleurs que la FTC a dû batailler ferme pour que Facebook accepte d’être contrôlé durant vingt ans : le réseau social « souhaitait que la période soit limitée à cinq ans ». Comme on le disait plus haut... L’opacité, c’est une vocation.


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