mardi 28 septembre 2010 13:47
Facebook freine son entrée en bourse
par Fabien Soyez
tag : facebook
CC Wonderlane
C’est l’une des introductions en Bourse (IPO) les plus attendues de ces cinq dernières années, mais elle n’aura pas lieu avant 2012. Bien que Facebook pèse 150 milliards de dollars et que ses résultats financiers soient en hausse en 2009, Peter Thiel, l’un des administrateurs de la firme a mis le hola aux ardeurs des analystes financiers. Poussé par un chiffre d’affaires de 596 millions d’euros, Facebook n’est pas encore coté en Bourse que ses actions s’arrachent sur Second Market, un marché créé en 2009 pour permettre de réaliser des opérations hors-bourse. Espérant une flambée des cours de la société après sa cotation officielle, les investisseurs ont réussi à porter la valorisation boursière de Facebook à plus de 33 milliards de dollars, selon le Financial Times. A un tel niveau, la firme dépasserait Yahoo et Ebay, lors de son IPO. Alors pourquoi attendre ? Pour « suivre l’exemple de Google », répond Peter Thiel. Selon le cofondateur de PayPal, « Google, qui a attendu d’entrer en Bourse très tard, a bien fait ». L’IPO dépendra de la « réalisation de certains objectifs » en termes de chiffre d’affaires et de « l’évolution du modèle économique » de Facebook, ajoute-t-il. Mais si Facebook retarde son entrée en Bourse, c’est peut être parce que la firme de Palo Alto s’apprête à prendre de « gros risques », comme le disait son PDG, Marc Zuckerberg, le 13 septembre via Facebook Answers. Facebook souhaiterait lancer de nouveaux produits qui pourraient être un peu trop surveillés, si l’entreprise était cotée sur les marchés publics. « Gérer une entreprise en lançant des services controversés est déjà délicat, mais je ne peux qu’imaginer à quel point ce serait dur si nous avions une cote publique à prendre en compte en plus », explique le fondateur de Facebook. Une autre raison tient peut être à l’image du réseau social. Fin juillet, une étude de ForeSee Results affirmait que si Facebook « est le site le plus populaire des Etats-Unis », les consommateurs, eux, « ne l’aiment pas. » Sur son site, Larry Freed, président de ForSee, constate : « Les interrogations concernant la vie privée, les changements fréquents de design du site, et les tentatives de commercialisation hasardeuses de la pub ont affecté la perception de l’expérience Facebook. » Désastreuse, l’image de Facebook ne risque pas d’être redorée dans les semaines qui viennent. Le 1er octobre sort aux Etats-Unis The Social Network, de David Fincher. Un film narrant les origines du réseau social, qui n’est pas tendre avec Marc Zuckerberg. « Ce film est plein d’inexactitudes et de mensonges mesquins », se défend logiquement Peter Thiel. Cette mauvaise image du site risque d’être le talon d’achille de Facebook lors de son parcours boursier. On comprend, tout naturellement, que l’entreprise ne soit pas pressée d’en découdre.
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