Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Connard de beurre demi-sel !

Ces poètes de cuistots dans « Top Chef »

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 15 mai 2012 17:09

  • internet

Facebook : hystérie boursière en approche

par Emilie Massemin

tags : économie , Facebook

Photo bfishadow CC BY Flickr

Trois jours à peine avant l’échéance, nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’entrée au Nasdaq de Facebook. D’après des informations du Wall Street Journal, la firme de Mark Zuckerberg s’offrirait le luxe de relever le prix de ses actions, désormais compris entre 34 et 39 dollars, contre 28 à 35 auparavant. Le prix exact sera révélé jeudi soir, la veille de la première cotation publique.

Ce montant par action induit une nouvelle fourchette de valorisation du réseau social : entre 93 et 104 milliards de dollars, contre 77 à 96 milliards jusqu’à présent. Le chiffre donne le tournis. On est loin en effet des 22 milliards de valorisation affichés par Google lors de son introduction en Bourse en 2004. Avec des fourchettes pareilles, la société californienne pulvérise même le record d’introduction d’une entreprise américaine, toujours détenu par le transporteur express UPS, qui avait atteint en 1999 une valorisation à 60,2 milliards de dollars.

En tout, Facebook espère lever entre 12 et 14,7 milliards de dollars, en délivrant sur le marché quelque 337 millions de titres, comme annoncé le 3 mai dernier. Soit l’équivalent de 12 % de son capital. Le fait que les actions mises en circulation soient si peu nombreuses a suscité un émoi maximal chez les investisseurs. Parmi eux, Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple, a déclaré mardi qu’il « [achèterait] du Facebook à n’importe quel prix », avant de mettre en garde Mark Zuckerberg contre la voracité des actionnaires. Pour faire face au rush, une source proche de l’opération a confié que la société californienne comptait fermer son carnet d’ordres, qui répertorie tous les ordres d’achat et de vente de titres, dès mardi soir — deux jours avant la date prévue.

 

Des futurs investisseurs fortunés

 

Ce sont d’abord les investisseurs institutionnels, puis les épargnants les plus aisés, qui sont favorisés. Les compagnies d’assurance, les fonds de pension et autres fonds communs de placement se tailleront la part du lion. Une part est réservée aux petits porteurs, mais la définition de « petit » est toute relative : les courtiers expliquent que la demande est tellement élevée qu’ils répartiront ce qu’ils arriveront à obtenir parmi leurs meilleurs clients.

L’analyste Rocco Pendola, chez The Street, se veut néanmoins encourageant pour les petits porteurs. « Soyons francs : on a peu de chance d’avoir des actions Facebook au moment de l’entrée en Bourse », écrit-il. D’un autre côté, « il reste beaucoup de temps pour prendre le train en marche. Il s’agit d’une entreprise à long terme, très durable, et avec de bonnes perspectives de croissance. »

 

Une nouvelle bulle internet ?

 

Mark Zuckerberg, qui a soufflé ses 28 bougies lundi 14 mai, s’est réservé une participation de 28,4 % au capital de son entreprise ainsi que 57,3 % des droits de vote des actionnaires. Parmi ses proches se comptent déjà quelques milliardaires en titres, comme Jim Breyer (Accel Partners, 11,4 milliards de dollars), Dustin Moskovitz (cofondateur de Facebook, 7,6 milliards) ou encore Sean Parker (cofondateur de Napster, 4 milliards de dollars).

Cette ribambelle de milliards rend perplexes les esprits chagrins, qui brandissent la menace d’une nouvelle bulle internet. Selon une enquête récemment réalisée par Bloomberg auprès de 1250 analystes et traders, 79% d’entre eux estiment surévalué le prix des actions. Peter Cauwels, un chercheur au département de gestion, de technique et d’économie de l’École polytechnique de Zurich, interrogé par le quotidien suisse Le Temps, estime pour sa part qu’« au-dessus de 50 milliards, c’est tout simplement une bulle », et évalue à 50 milliards la valeur du réseau social — dont 25 milliards seraient liés au potentiel de croissance de l’entreprise, qui ralentit.

 

Des résultats jugés décevant pour le premier trimestre

 

Il faut dire qu’une valorisation de 93 à 104 milliards de dollars correspondrait à 100 fois les bénéfices de Facebook, et à plus de 25 fois son chiffre d’affaires. Pour mémoire, Google, lors de son entrée en Bourse en 2004, n’avait été valorisé « qu’à » 5,5 fois son chiffre d’affaires. Pour justifier un tel niveau de valorisation, Facebook devra atteindre un chiffre d’affaires de 70 milliards en 2021 contre 3,7 milliards en 2011, d’après les calculs d’Anant Sundaram, professeur de finances à la Dartmouth Tuck School of Business.

Ce scepticisme se nourrit d’une méfiance à l’égard de l’immaturité supposée de Mark Zuckerberg, qui a fait la tournée des investisseurs vêtu d’un jean, de baskets et d’un sweat à capuche. Mais aussi des résultats pour le premier semestre 2012, jugés décevants par certains : le bénéfice net du réseau social et de ses filières est en baisse de 10% sur la période, et si les recettes glanées par utilisateur ont augmenté de 6% en un an, elles refluent de 12% entre le quatrième trimestre 2011 (1,38 dollar, soit 1,04 euro) et le premier trimestre 2012 (1,21 dollar, soit 0,92 euro).

 

Un potentiel important du côté de la publicité sur mobile

 

Pour explication, plus de la moitié des utilisateurs de Facebook se sont connectés via des applications pour tablettes et smartphones au mois de mars 2012, ce qui pèse sur les recettes. En effet Facebook, « traditionnellement, ne montre pas de publicités » sur ce type de supports. « Nous ne tirons pas de recette directe significative de l’utilisation de Facebook sur portables, et notre capacité à le faire reste à prouver », a indiqué la firme de Mark Zuckerberg.

Pourtant, certains veulent y croire. Interrogés par Le Monde.fr, les analystes de Fidelity estiment que « le marché de la publicité sur mobile devrait passer de 1,5 milliard de dollars en 2010 à 17,6 milliards en 2015 ». Pour la directrice opérationnelle de Facebook, Sheryl Sandberg, qui a assumé l’essentiel du « roadshow » de présentation aux investisseurs, la publicité sur mobiles reste un puissant levier de croissance.

Les analystes de Fidelity misent également sur la longévité de l’entreprise, qui affiche déjà 8 ans d’existence, ce qui en fait « une société mature » — comparée aux start-up type Netscape, qui avait tenté une entrée en Bourse en août 1995 alors qu’elle n’était âgée que de 16 mois, et avait vu son titre s’effondrer à 15 dollars quelques jours après. Autre point fort, la firme de Palo Alto a triplé le nombre de ses salariés en deux ans, et compte aujourd’hui 3 500 employés. Enfin, le réseau social, créé dans une chambre d’étudiant à Harvard, compte aujourd’hui plus de 900 millions d’utilisateurs actifs par mois, soit près d’un internaute sur deux dans le monde. De quoi aiguiser, malgré tout, l’appétit des investisseurs.

(avec AFP)


Il y a 5 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager sur Facebook TweetPartager sur Google+

Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

économie - A sec, la télé publique saque la culture

Facebook - Laurent Solly laisse TF1 pour Facebook

article précédent
Facebook : Vos données, ce sont aussi un peu les siennes
article suivant
Carte mémoire


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Emilie Massemin
  • réactions (5)
  • Tweet
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+

Actualit

  • Daniel Cordier apporte de l’eau à son Moulin
  • « Derrick » complètement nazimuté
  • Xbox One : Microsoft vous regarde
  • Entendu sur le web : Au coin de la rue : Amina, la solitude
  • La mission Lescure envoie son coordinateur au CSA

Lib.fr

  • Des milliers de Portugais réclament la démission du gouvernement
  • Rugby : Castres rejoint Toulon en finale
  • Hollande invite les dirigeants africains à Paris fin 2013
  • Cannes, dernier jour avec Polanski et Jarmusch
  • Des images pédopornographiques découvertes chez un directeur d'école
publicité

Etonnant, non ?

img75
L’art de la table

Chaque jour du mois de mars, l’artiste Hong Yi a créé une œuvre d’art en respectant deux règles : 1) utiliser uniquement de la nourriture et 2) faire d’une assiette blanche la toile de fond.


Chronophage

Minimalist Mayhem

Pas de bol : on menait une vie bien tranquille de petit cube gris dans son monde gris, et voilà que d’extravagants aliens débarquent pour nous pourrir la vie.


En bref

img75
Hadopi : Aurélie Filippetti décrète la fin de la coupure

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a annoncé que la coupure d’accès à Internet, dernière des sanctions graduées en cas de piratage, serait supprimée par décret « extrêmement rapidement ».


Vendredi, à poils !

img75
Sushis et chats-shimis

Le Japon aime les chats ; le Japon aime les sushis. Et certains étranges personnages japonais aiment donc les chats-sushis.


Inutile donc inutile

img75
Sur le bout des onglets

Bon c’est sûr, il faut aimer l’accordéon.


Vidéo box

img75
Animation atomique

Sorti il y a quinze jours sur YouTube, « A boy and his atom » est le premier film animé de l’histoire avec... des atomes.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008