Festival Scope, Cannes à la maison
par Eric Loret
DR
Il y a écrit « version beta », mais ce n’est pas du tout teubé. Le site Festivalscope.com est la première plateforme internet consacrée aux festivals ciné du monde entier. On y mate des films rares en très beau streaming et sous-titrés en anglais. En plus c’est gratuit. Oui, mais réservé aux professionnels. A l’occasion de Cannes, Festival Scope est par exemple partenaire de la Semaine de la critique et de la Quinzaine des réalisateurs. Il ne s’agit pas de griller les chefs-d’œuvre avant la Croisette, mais de permettre aux acheteurs potentiels ou aux critiques de se faire une idée des films précédents (premier long ou courts-métrages) des réalisateurs présentés : entre autres Involuntary de Ruben Ostlund et Capitaine Achab de Philippe Ramos. Après Cannes, on pourra regarder certains films du cru 2011. L’idée de cette plateforme est venue il a deux ans à un trio de stratèges des ventes et de la distribution internationale : Alessandro Raja, Mathilde Henrot et Lucie Kalmar. Ils l’ont lancée l’an passé en mettant en ligne une partie des sélections alternatives de la Mostra de Venise. Leur but est de permettre aux films inaperçus de s’exporter, c’est donc ce qu’on appelle dans le sabir virtuel du B2B (business to business). Comme dans un vrai festival (il y en a pour l’instant 42 représentés), tous les films présents sur le site ne sont pas visibles aux mêmes dates par les différentes catégories d’adhérents. Et les ayants droit ont accès aux statistiques de visionnage de leurs poulains ainsi qu’aux commentaires que les visionneurs veulent bien lâcher. En effet, le spectateur du site peut, outre contacter les réalisateurs ou les ayants droit et obtenir du matériel de promo, se faire ses listes de shopping perso annotées. Si les candidats à s’exposer sont nombreux, le site cible ses choix afin de ne pas « noyer les œuvres », explique Mathilde Henrot. « Nous voulons aussi créer le désir de voir les films. » Pas question de remplacer la projection en salles. Ainsi, pour le festival international Transilvania de Roumanie ne seront disponibles que les films roumains. De Clermont-Ferrand, seulement les primés. Et comme l’équipe écume forcément les festivals, se créent des projets spéciaux, telle une rétrospective exclusive du Digital Project du JIFF de Jeonju (en Corée) avec des Pedro Costa, des Naomi Kawase et des Apichatpong Weerasethakul incunables. Paru dans Libération du 27 avril 2011
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