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lundi 26 février 2007 16:34

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Final Fantasy XII : Héroïque « Fantasy »

Pour son douzième volet, Final Fantasy, le jeu de rôle de référence sur PS2, passe le cap d’une Renaissance spectaculaire.

par Olivier Séguret

tag : PS2

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Pour son douzième volet, Final Fantasy, le jeu de rôle de référence sur PS2, passe le cap d’une Renaissance spectaculaire.

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Une saga aux multiples ramifications

Pour tracer l’arbre généalogique de la saga (...)

La sortie ce week-end de Final Fantasy XII dans sa version européenne constitue l’un des événements majeurs de l’agenda ludo-culturel 2007. On tient là l’un de ces rares titres charnières dont l’importance tient autant à la réussite du jeu lui-même, en tant que programme ou partie, qu’à la façon dont il éclabousse de sa lumière le paysage du jeu vidéo dans son ensemble. Oui, Final Fantasy douzième du nom forme une borne incontestable dans l’histoire du jeu vidéo, cet enfant terrible, digital et mondialisé, de la culture populaire du XXIe siècle.

Les enfants terribles, ce sont d’abord Vaan et Penelo, premiers héros rugueux et premiers contacts du joueur dans le vaste monde d’Ivalice ; premiers maillons, aussi, de ce clan, cet indésoudable choeur héroïque qui fonde le genre RPG (jeu de rôle) et dont le joueur va diriger la marche triomphale des dizaines d’heures durant. Ces instants décisifs où se noue la triangulation entre le joueur, le jeu et la machine, sont ici placés sous le signe d’une ambition incandescente et orgueilleuse. Les architectures urbaines, les natures mortes ou vives, les proportions, les tracés des silhouettes humaines, animales ou monstrueuses, la dramaturgie elle-même quand elle se cristallise dans un effet fugace : tout ici témoigne et profite d’un raffinement extrême.

Pas facile, néanmoins, de définir l’extraordinaire impression esthétique que grave Final Fantasy XII au fond de nos rétines : là encore, le saut est considérable. Si la période récente constituait un âge d’or du jeu vidéo, on peut avancer que nous arrive là le premier chef-d’oeuvre d’une sorte de Renaissance. Ce FFXII est le fruit hybridé des techniques à leur sommet, le confluent chromatique où couleurs et pigments ont convergé en une palette révolutionnaire, où la perfection des perspectives, la toute puissance du point de vue offert au joueur, la définition des champs dans toute leur profondeur rappellent, à leur façon, les grandes conquêtes techniques qui allaient libérer les ateliers et artisans florentins de la Rinascente . Puisque nous sommes au pays du jeu vidéo, le mouvement libératoire confine ici au déchaînement : un fabuleux cortège de boss suprêmes en fournira le délirant alibi. Pour mieux situer encore le cap au-delà duquel ce jeu nous entraîne, précisons qu’il s’agit sans doute du chant du cygne de la glorieuse PlayStation2 pour laquelle il a été conçu, et qu’il fait figure à ce titre de premier RPG next gen.

Ce qui va motiver la quête du joueur, sa perte, son épuisement, son effort et son enfer, c’est la vengeance, comme il est de rigueur sous le chapiteau du RPG. Mais inversement, motiver cette vengeance est le premier devoir de tout jeu qui prétend plier le joueur, l’affermer à sa manette, le fixer à son écran. Un long prélude initiatique se charge d’élever brique à brique, et avec une autorité proprement imbattable, la personnalité requise. Celle du joueur, s’entend, matière docile, consentante, qui se découvrira une abnégation dont il se croyait peut-être incapable. Premier tour de force de ce FFXII dominateur : nous faire passer par une dizaine d’heures de motivation, d’entraînement, parfois de doute. Une sorte d’académie spartiate où se galvanisent muscles, réflexes et neurones (ceux restés disponibles) et dont le joueur sort comme à l’état de créature transgénique, à la fois mécanisé et heureux.

Pour dresser le joueur, il faut dompter l’homme. Mais un joueur dressé est aussi un joueur debout. Maintenant qu’il a basculé, à lui le royaume malfaisant des ombres digitales, ce vicieux labyrinthe ludique qu’ont dessiné les développeurs , et d’abord le premier d’entre eux, qui signe l’histoire et le concept : Yasumi Matsuno, auquel on doit un célèbre Vagrant Story et qui s’était déjà frotté aux arcanes de la saga par l’une de ses bretelles, FF Tactics. Le vice, en l’occurrence, c’est la superposition de niveaux ludiques gigognes qui dispersent l’attention du joueur sur différents « plateaux » : celui, narratif et « scripté », d’une histoire à accomplir ; celui, variable et interconnecté entre les personnages, d’un programme de compétences à acquérir ; celui, libre mais aussi tentateur que gratifiant, d’une nuée de quêtes annexes (où les développeurs ont caché tant de talent que s’en dispenser serait immodeste) ; celui, enfin, qui relève du seul joueur et du joueur seul, c’est-à-dire de la qualité de son expérience, de sa capacité à battre la campagne avec son stick analogique aussi bien qu’avec son esprit et de l’épaisseur du mur de solitude qu’il aura bâti.

Alors, c’est comme si l’on devenait le gosier d’une cantatrice prodige, dont les octaves multiples communiqueraient entre eux grâce à nous. Pure illusion, sans doute, qui se résume à une succession de codes logiques... Mais plus profondément, ce dont nous convainc un titre comme FFXII, c’est que la pratique du jeu vidéo forme un temps libre et libéré des urgences et des contraintes du monde, un temps qui rend précisément possible un rapport libre et libéré à ces urgences, à ces contraintes... et à ce monde.


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  • Final Fantasy XII : Héroïque « Fantasy »

    1er mars 2007 09:34, par blooster
    Comme disaient les inconnus dans les années 90 : "faudrait que j’invente des mots q’existent pas dans le dico..." C’est ce qui qualifie exactement ce que l’on ressent en pénétrant dans l’univers onirique de Final Fantasy XII. A la fois déconcertant dans les premières heures de jeux et éblouissant par la suite. Scénaristiquement vierge de toute innovation mais pourtant terriblement efficace, FFXII parvient à renouveler un genre qui depuis plusieures années commencait à s’essoufler... Ce nouvel épisode parvient à démontrer que l’innovation est encore possible dans le monde ludo-numérique, mais pour combien de temps encore ?
  • Final Fantasy XII : Héroïque « Fantasy »

    27 février 2007 08:41, par Plastic_berty
    Douzième opus, (onze en réalité d’ailleurs) et nouvelle décharge de plaisir intense pour tout joueur digne de se nom. Je ne m’en lasserai jamais je crois ... La patte de Matsuno est partout, rendant Ivalice addictif au possible. C’est grâce à des jeux de cet acabit que le jeu vidéo s’impose progressivement comme la forme de récit majeure du 21e siècle.
    • Final Fantasy XII : Héroïque « Fantasy » 2 mars 2007 15:50, par fan2v
      non non le final 11 existe c’est simplement un final fantasy massivement multijoueur ; sorti sur pc puis x box .

 

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Final Fantasy XII
pour PlayStation 2
Squaresoft/SquareEnix
Distribué par Ubisoft
60 €

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