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jeudi 22 mai 2008 09:10

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Financement mystère : le jeu continue

Télé sans pub. Jean-François Copé évoque trois pistes, sans trancher.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tags : politique , FAI , Télé sans pub

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«La commission Copé, c’est brouillage et bricolage»

Carole Petit, secrétaire générale du SNJ de (...)

S’il songe un jour à quitter la politique, alors Jean-François Copé pourra se recycler à la télé. Hier, la conférence de presse du président UMP de la commission chargée de dessiner France Télévisions sans pub était cruciale  : la commission allait enfin délivrer sa solution pour le financement de la télé publique. Eh bien, raté  : Copé a courageusement refusé de trancher, préférant la jouer Qui veut gagner des millions. Avec trois réponses possibles :
a) On augmente la redevance,
b) On taxe les opérateurs de téléphonie,
c) On taxe l’électronique grand-public.

Zut, on n’a pas droit au 50/50, ni à l’avis du public, ni à l’appel à un ami. Enfin si, mais l’ami appellera de lui-même  : c’est Nicolas Sarkozy, initiateur de la suppression de la pub, qui décidera in fine.

En l’occurrence, entre les trois scénarios avancés hier par la commission Copé, le choix de Sarkozy devrait être rapide, lui qui s’est toujours opposé à toute hausse de la redevance. Un point commun aux trois pistes : France Télévisions récupérerait les 140 millions d’euros de redevance que perçoivent l’INA et RFI. Cette dernière sera financée on ne sait trop comment et l’INA bénéficiera d’une « taxe pour la mémoire audiovisuelle » payée par les chaînes privées.

Le premier scénario suggère une augmentation des revenus de la redevance par plusieurs biais : alignement sur l’inflation (soit 2,50 euros de plus), un « rattrapage progressif » (la redevance est l’une des plus basses d’Europe), extension —à demi-tarif— aux résidences secondaires ainsi qu’aux ordinateurs... Mais Sarkozy est contre : tant pis pour la majorité des membres de la commission favorables à une hausse.

Deuxième scénario, et là, Copé prévient : « C’est celui qui a ma faveur ». Il s’agit d’une taxe de 0,5 % sur le colossal chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques et fournisseurs d’accès à Internet. Souci : la Commission européenne pourrait l’interdire, au motif qu’elle entraverait le développement d’Internet. Oui, mais jure Copé, « Bruxelles n’est pas hostile ».

Dernier scénario : le mixed-grill. Il mélange une taxe de 0,55 % sur l’électronique grand-public et un élargissement de la perception de la redevance.

A chaque fois, la recette attendue est la même : 450 millions d’euros. Tiens, tiens : presque moitié moins que les 800 millions nécessaires pour compenser la perte de la pub. C’est que la suppression ne sera pas totale, enfin pas tout de suite. Le 1er septembre 2009, la pub sera bannie des écrans publics à compter de 20 heures pour disparaître totalement à partir du 1er janvier 2012. Du coup, pendant cette période transitoire, estime la commission, 200 millions d’euros de pubs continueront de rentrer dans les poches de France Télévisions. Auxquels s’ajoutent 150 autres millions venus cette fois de la pub sur Internet, du parrainage et de la réclame sur RFO qui seront conservés.

Et ding : il ne reste plus que 450 millions d’euros à trouver, via l’un des trois scénarios exposés. Mais attention, a prévenu Copé, ils ne sont « ni définitifs, ni exclusifs ». C’est-à-dire que, d’ici le 25 juin et le rapport final à Sarkozy, la commission peut encore compléter voire panacher ses solutions. Si du moins une seule s’avère viable...

Et la confusion d’agacer de toutes parts  : les salariés de France Télévisions, sa direction qui se voit mal aller réclamer une nouvelle rallonge pour tenir jusqu’au 1er septembre 2009 et des membres de la commission. Le député PCF Jack Ralite faisait part hier de son « malaise » tandis que les socialistes remettent en cause leur participation. « Est-ce que ça sert à quelque chose d’être là ?, s’interroge le député PS Didier Mathus, cette confusion ne fait que confirmer qu’il n’y a pas de bonne solution de financement. Ça revient à remettre en cause la suppression de la pub. »


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