lundi 21 mars 2011 18:43
France 2 fait tourner le docu
par Michel Henry
tags : documentaire , santé , France 2
Photo Reuters
Un œil sur la planète
France 2, ce soir à 22 h 15.
Il faut regarder ce soir Un œil sur la planète, sur France 2. Ça défonce sec. On attaque avec Yes We Cannabis, reportage sur la marijuana en Californie, quasi légale depuis qu’en 1996 le cannabis thérapeutique y a été autorisé. Il suffit d’une ordonnance pour un prétexte divers, que les médecins délivrent complaisamment contre 125 euros. Le « cannabusiness » légal des cultivateurs se développe à vitesse grand V, au point que la marijuana est une des principales productions agricoles de l’Etat. On ne voit pas bien ce qui pourra l’arrêter, même si la légalisation proposée par référendum à l’automne dernier a été rejetée. La légalisation, voilà la question posée en six reportages : « Et si on légalisait le cannabis ? » En France, la question tarde à faire débat. Mais elle agite bien d’autres pays : ceux où l’on s’est aperçu que la prohibition en vigueur sur la planète depuis quarante ans est un échec. Les drogues circulent, les amateurs consomment, et la répression crée souvent plus de problèmes qu’elle n’en résout. La prohibition n’a qu’un bénéficiaire : le crime organisé qui y fait fortune. La légalisation pourrait servir à « couper l’herbe sous les pieds » des trafiquants, rappelle l’émission, qui passe évidemment par les Pays-Bas. Depuis trente-cinq ans, on y tolère le système des coffee-shops, où tout majeur peut acheter jusqu’à 5 grammes de cannabis. Pragmatique, le système reste ambigu : les tenanciers ont le droit de vendre, pas de s’approvisionner. Le produit est toléré, pas sa culture, notamment en raison des pressions internationales, venant par exemple de la France. Malgré ses succès, la politique de tolérance est menacée aux Pays-Bas. Pourtant, ça marche : on y fume, en proportion, moitié moins qu’en France, où l’interdiction demeure. Au Portugal, l’usage a été décriminalisé depuis 2001. Les jeunes fument légalement des joints dans la rue, tout en discutant gentiment avec les policiers. Cette dépénalisation n’entraîne pas une augmentation de la consommation, rappelle un spécialiste qui ajoute que « soigner un toxicomane coûte beaucoup moins cher que de l’envoyer en prison ». Après dix ans de dépénalisation, le Portugal n’est pas devenu un narco-État. Il est le pays européen où la consommation de drogues a le moins progressé. Exemple à suivre ? Paru dans Libération du 21 mars 2011
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