Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

jeudi 26 juin 2008 10:26

  • télévision

France Sarkovision

Le chef de l’Etat veut pouvoir nommer lui-même le président de France Télévisions et annonce la fin de la publicité après 20 heures dès janvier 2009.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tags : politique , France Télévisions , Télé sans pub

Photo Sébastien Calvet

» sur le même sujet

Un financement bancal

Les différentes taxes prévues ne compensent pas les pertes que devrait subir le service public.

Et si Bruxelles mettait son veto

L’UE est hostile à toute nouvelle taxe et veut limiter la place de l’audiovisuel public sur le Web.

«Le versement de cette taxe est discriminatoire»

Yves Le Mouël représente les opérateurs télécoms et Web :

«La commission a fait des calculs inexacts»

Betrand Méheut préside l’association des chaînes privées :

La rumeur a fait hier matin le tour du petit monde des médias à la vitesse d’un Sarkozy au galop. Lors de la remise du rapport de la commission Copé à l’Elysée, le président de la République allait annoncer qu’il démettait le président de France Télévisions Patrick de Carolis de ses fonctions. Allons, allons, on est en démocratie tout de même et le temps de l’ORTF où le pouvoir avait une ligne téléphonique directe avec la télé publique est révolu… Et de fait, Nicolas Sarkozy n’a pas confirmé la rumeur. Il a fait mieux : il a annoncé que, désormais, le président de la télé publique serait « nommé par l’exécutif ». C’est-à-dire par bibi, Nicolas Sarkozy. Ce même Sarkozy qui, recevant en février l’intersyndicale de France Télévisions, avouait benoîtement que son rêve aurait été d’être directeur des programmes, réalise son fantasme.

Un ex-directeur de campagne à la direction de TF1 (Laurent Solly), Alain Genestar patron de Paris Match viré pour une une déplaisante, un ami, Jean-Claude Dassier, à la direction de l’info de la Une, laquelle est détenue par un vrai pote, Martin Bouygues, tout comme l’est Bernard Arnault (Les Echos), Vincent Bolloré (Direct 8 et des gratuits), Arnaud Lagardère (le JDD, Paris Match, etc.) et de très gros soupçons d’intervention dans la nomination de Laurence Ferrari à la place de PPDA… Toujours fourré la main dans les affaires des médias, Sarkozy est allé encore plus loin hier : « Les choses doivent être claires, a-t-il martelé, il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président. » Ça, pour être clair… Même si l’actuel système de nomination par le CSA reflète les majorités présidentielles, là, c’est du jamais vu. La bronca ne s’est pas fait attendre : le « patron [de France Télévisions, ndlr] va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants », a dénoncé le président du Modem François Bayrou. Le député PS Christian Paul a fustigé un « nouveau modèle français, que Poutine et Berlusconi vont pouvoir bientôt envier ». Seul garde-fou : le CSA pourra donner son avis et une majorité de députés, si elle est qualifiée, pourra s’y opposer. C’est-à-dire que trois quarts des députés devront être contre le candidat de Sarkozy pour qu’il ne soit pas nommé. Autant dire impossible.

Depuis sa décision du 8 janvier de supprimer la publicité sur France Télévisions, Nicolas Sarkozy n’en fait de toute façon qu’à sa guise. Il l’a encore démontré hier en balayant une bonne partie des préconisations de la commission Copé. Il n’en retient que ce qu’il avait lui-même proposé en janvier : une taxe de 0,9 % sur le chiffre d’affaires des télécoms et des fournisseurs d’accès à Internet et une autre sur la pub des chaînes privées. De même, l’indexation de la redevance que Jean-François Copé s’enorgueillissait d’avoir obtenu de haute lutte : elle n’a même pas été évoquée par Sarkozy hier. Aux syndicats de France Télévisions qu’il recevait un peu plus tôt, il a dit en substance : « D’abord on fait la réforme, ensuite, on en discute. »

De même, l’idée de la commission de ne supprimer la pub qu’à partir du 1er septembre 2009 après 20 heures a été retoquée par Sarkozy : « Pardon, hein, Jean-François, j’veux pas critiquer, mais le téléspectateur est en droit d’exiger un changement tout de suite. » Va donc pour le 1er janvier prochain, Sarkozy a parlé. La suppression totale de la pub est maintenue pour fin 2011.

Cette accélération et ces volte-face de Sarkozy ont mis un sale coup au moral des salariés de France Télévisions. L’intersyndicale se déclare ainsi « encore plus en colère » après le discours de Sarkozy : « Toutes les mesures préconisées, tous les chiffres avancés sont remis en cause par Sarkozy. On ne sait plus où on va », se désole Jean-François Téaldi. Après son entrevue avec Sarkozy, l’intersyndicale a été priée de quitter l’Elysée par une porte dérobée avec interdiction de passer par la rue du Faubourg Saint-Honoré où s’amassaient les journalistes. Drôle de méthode. A 16 heures, au moment de la remise du rapport, des banderoles étaient déployées partout en France sur les sites de la télé publique : « Hold-up sur l’audiovisuel public ». Les premières victimes du « braco » devraient être les salariés de la régie publicitaire puisque, dès le 1er janvier, une grande partie d’entre eux va se retrouver au chômage technique.

Sur le même sujet :
- Un financement bancal
- Et si Bruxelles mettait son veto
- « La commission a fait des calculs inexacts »
- « Le versement de cette taxe est discriminatoire »


Il y a 2 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

politique - « Acte II de l’exception culturelle » : le décor est planté

France Télévisions - France 3 rage à contre-courant

Télé sans pub - Voici Filippetti, et Valois le travail

article précédent
Droit d’auteur : Le Canada sous influence
article suivant
Iphone 3G : les conditions d’Orange


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Raphaël Garrigos
  • écrire à Isabelle Roberts
  • réactions (2)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Un clip dans ses petits papiers
  • Facebook, une entrée en bourse « préparée avec négligence » ?
  • Google-Motorola : les brevets qui valaient 12 milliards
  • Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Un médiateur entre Google et les plaignants antiracistes

Lib.fr

  • Hollande est rentré de Bruxelles en voiture
  • L'UE dit oui à la Grèce dans la zone euro, mais demande plus d'efforts
  • Feuilletez le cahier Livres
  • Printemps arabe, la répression continue
  • Croissance et frictions franco-allemandes au sommet
publicité

Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008