jeudi 11 octobre 2007 10:35
France Télévisions ensablée
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : TNT , France Télévisions , audience
Serie « Cold Case » - DR
Cannes envoyés spéciaux
Tel un chihuahua fondant sur une mule Gucci, la rumeur s’est emparée de Cannes : « Il paraît que Stemmelen ne vient pas au déjeuner France Télévisions ! » Et là, vous dites : « C’est qui, ce gus ? » Eh bien, Eric Stemmelen est le directeur des programmes de France 2, et, vu les résultats d’audiences de sa chaîne, on l’imagine plus enclin à aller se fourrer la tête dans le sable de la baie de Cannes qu’à déjeuner avec des journalistes. Mais n’écoutant que son courage, il était là, hier au MIP, aux côtés des pontes de la télé publique emmenés par Patrice Duhamel, directeur des antennes. Et ce, pour leur première sortie officielle depuis que leur président Patrick de Carolis s’est mangé un énorme râteau. Depuis des mois, il réclamait à cor et à cri une rallonge de son budget via soit une coupure pub supplémentaire soit une augmentation de la redevance. Niet, a répondu la tutelle. En tout cas pour l’instant, puisque Christine Albanel a annoncé lundi au MIP que France Télévisions et la question de publicité font partie des grands chantiers qui doivent aboutir à une réforme de la loi sur l’audiovisuel en 2008. En attendant, c’est pas la joie à France Télévisions qui voit ses audiences s’effriter vitesse grand V. « Et ça ne fait que commencer, souligne un des patrons, aujourd’hui les chaînes de la TNT, du câble et du satellite sont quasi à 20 % ; après l’extinction de l’analogique en 2011, elles seront à 35 %. » Encore et toujours, c’est la TNT qui fait des misères aux chaînes historiques et à France 2 en particulier. Mardi soir encore, la Deux, grâce à la nouvelle émission de Béatrice Schönberg, Les 100 qui font bouger la France, a glorieusement recueilli 10,7 % de parts de marché. « L’audience de France 2, on sait la remonter, lâche aigre-doux l’un des dirigeants, il suffit de trois séries américaines par semaine. » Ainsi, le Cold Case du lundi soir lui sauve la baraque pour l’instant. Mais Cold Case, ça n’est pas dans l’angle du « virage éditorial » cher à Carolis, alors que l’émission de Schönberg, si : « Nous assumons que la recherche du fond peut avoir une incidence néfaste sur les audiences. » Afin de masquer la misère, France Télévisions envisage de publier chaque semaine un « qualimat » : « Nous voulons faire apparaître qu’au-delà du critère d’audience, il y a un sentiment qualitatif. » Il s’agirait d’un top 5 hebdo des émissions préférées des téléspectateurs. Personne ne regarde mais tout le monde aime, en somme… Un critère déjà utilisé par la régie publicitaire de France Télévisions pour appâter les annonceurs malgré les maigres résultats d’audience. Ce qui n’empêche pas le service public de revoir déjà ses ambitions à la baisse : l’objectif de 6 % de croissance des investissements publicitaires ne sera pas atteint. Ça s’appelle la panade.
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