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vendredi 7 août 2009 11:03

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« G.I. Joe » : poupée de cire, poupée de con

Boursouflure numérico-explosive, G.I. Joe est sorti cette semaine précédé d’une réputation désastreuse, partiellement méritée.

par Alexandre Hervaud

L’escouade de Quaid au ralenti - DR

G.I. Joe – Le réveil du Cobra, de Stephen Sommers, avec Sienna Miller, Marlon Wayans, des ninjas...

« Boom boom boooooom ». C’est sur ces explosives onomatopées scandées par le groupe Black Eyed Peas que s’achève G.I. Joe. Un choix on ne peut plus approprié pour un film méga-bourrin signé par l’esthète du genre Stephen Sommers, à qui l’on droit les deux premiers Momies (dont les deux acteurs principaux, Brendan Fraser et Arnold Vosloo, apparaissent plus ou moins régulièrement dans le film). Des rumeurs insistantes voudraient que le réalisateur, également responsable de Van Helsing, ait été viré manu militari de la salle de montage du film après les premières projections test, jugées désastreuses... Ce qui pourrait alors expliquer la construction narrative souvent navrante (ah, les flashback de la jeunesse des ninjas !) qui hante le film.

Assumé par son metteur en scène ou non, force est d’admettre que G.I. Joe ne se démarque à aucun moment des promesses délivrées depuis plusieurs mois par ses diverses bandes annonces : de l’action, en veux tu en voilà, à grand coup d’explosion, de castagnes, et de gros bordel numérique plus ou moins hideux. Les acteurs surjouent comme des fous, Paris s’en prend plein la poire (« les Français sont contrariés », déclare sans rire le Président des USA, après la destruction de la Tour Eiffel), le compositeur Alan Silvestri (Retour vers le futur, mais aussi Delta Force, avec Chuck Norris, dont G.I. Joe semble être le petit cousin pas très futé mais gâté-pourri par sa mère) sort la grosse fanfare pour illustrer le bousin, fulgurant nanar pyrotechnique qui offre à nos yeux ébahis de bons moments retro-Bondien. Difficile en effet de ne pas penser aux ennemis habituels de 007 devant les imposantes bases sous-marines (pour les méchants) ou sous-désertiques (pour les gentils, le froid contre le chaud, oh le beau symbole) présentées dans le film.

Christopher Eccleston - DR

Comme pour les aventures de l’espion de sa Majesté, G.I. Joe peut compter sur sa galeries de vilains atypiques pour dynamiser l’histoire tout en lui offrant ses meilleurs pires moments. Mention spéciale à l’anglais Christopher Eccleston, qui joue le démoniaque McCullen (alias Destro), en surjouant honteusement avec un accent écossais épais comme un tronc de chêne centenaire. Mais l’acteur, vu et apprécié dans Petits meurtres entre amis et 28 jours plus tard, ferait presque figure de voyou de bac à sable face à l’ultimate evil guy, le très graphique Doctor (future Commandeur), savant fou cabotin, entre le Gary Oldman du Cinquième Elément et un Jean-Michel Apathie asthmatique. La révélation sur l’identité de cette tête de mollard à perruque est un grand, grand moment du film, dont on taira évidemment la teneur pour les amateurs qui n’ont pas encore vu la chose.

On laissera aux aficionados le soin de critiquer l’aspect « adaptation » du métrage, G.I. Joe étant une franchise exploitée sous diverses formes, dont la plus célèbre reste avant tout les jouets Hasbro. Il va sans dire qu’en matière de jouets revanchards, le film de référence restera tout de même le Small Soldiers de Joe Dante, qui avait par ailleurs le bon goût d’inclure le Wannabe des Spice Girls dans sa bande son.

Plombé par des scènes de batailles aquatiques illisibles et franchement laides pompées sur Star Wars (les poiscailles du pôle Nord en plus), le film se permet de nous faire le coup de la fin ouverte (une trilogie serait prévue !), laissant présager de nouvelles agressions rétiniennes du même acabit, si le Dieu box-office le permet. A ce propos, ne vous y trompez pas : si le film mérite clairement sa place dans la catégorie « plaisir coupable », si sa grandiloquence décontractée du gland s’avère attachante, et si les performances destructrices du film s’apprécient clairement sur grand écran pour peu de ne pas être épileptique (encore qu’on frôle la rigueur bergmanienne par rapport à un Michael Bay moyen) la vision en salles ne saurait toutefois être recommandée pour les non détenteurs de carte illimitée permettant de se farcir le tout venant des sorties pour peu cher... Car à 10€ la séance, ça fait bien trop cher de l’heure, quand bien même le film n’en totalise que deux.


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