mercredi 3 septembre 2008 13:05
Google Chrome : Premières impressions
par Astrid Girardeau
tags : moteurs de recherche , navigateurs , Google Chrome
Page par défaut - DR
Le voici donc, l’objet de toutes les attentions de ces dernières 24 heures. Depuis hier soir 21 heures (heure de Paris), la version bêta de Google Chrome est disponible en téléchargement gratuit pour Windows uniquement. Après avoir investi la recherche (Google), le courrier (Gmail), les photos (Picasa), la bureautique (Google Docs) ou encore les contenus (YouTube, Knol, etc.), le géant américain fait une entrée remarquée, et très “marketée”, sur le marché des navigateurs. Peut-on parler de révolution ? A court terme probablement pas. Après la présentation dessinée, place à la pratique avec l’installation (rapide) de cette version 0.2 de Chrome. Une fenêtre s’ouvre et propose d’importer les différents paramètres (favoris, mots de passe, historique, etc.) de son navigateur habituel. La première impression est celle d’une interface épurée, réduite au minimum avec seulement une barre d’onglets et une barre d’adresse. Comme dans tout ce que fait Google, le graphisme est quasi inexistant. Le design choisi joue avant tout la carte de la clarté et du dépouillé, ce qui a fait le succès du moteur de recherche. On lance la navigation en utilisant l’omnibox, boîte pratique qui combine à la fois champ d’adresse et champ de recherche. S’en suit une impression de vitesse et de réactivité. Un affichage des contenus assez fluide, accentué par une ouverture véloce des pages. Difficile sans une batterie de tests techniques de savoir ce qu’il en est vraiment, mais l’effet est là. Les promesses de fluidité et de rapidité annoncées semblent être au rendez-vous. Autre bonne nouvelle pour ce lancement (surtout pour les webmasters), Chrome gère bien l’affichage des pages, et ne semble pas demander de spécificités de code particulières.
Des versions Linux et Mac de Chrome sont en cours de développement, et devraient paraître dans quelques mois. Une déclinaison mobile (notamment sous Google Androïd) n’est pas encore évoquée.
Gestionnaire de tâches - DR
Un effort particulier a été apporté aux onglets. Pas vraiment essentiel, le fait de pouvoir facilement déplacer et ajouter un onglet, ou transformer un onglet en une nouvelle fenêtre est plutôt agréable. La page par défaut est elle aussi bien pensée. On y retrouve les captures d’écran des neuf sites que l’on visite le plus souvent, ainsi que la liste de derniers onglets fermés et de ses favoris. Elle permet également de faire une recherche dans son historique ou de l’afficher intégralement. Autre atout, le gestionnaire de tâches qui permet de voir la mémoire et de la consommation UC utilisées par chaque page. Le principe de Chrome étant d’attribuer un processus distinct à chaque onglet afin d’optimiser la gestion de la mémoire, éviter les plantages généraux et limiter la propagation des malwares. Le mode incognito est aussi bienvenu, tout comme la possibilité de créer des raccourcis. On peut également citer une gestion des téléchargements plutôt bien conçue.
Création de raccourcis - DR
Parmi les reproches, il ne gère pas le RSS et la gestion des favoris est à revoir. Le support du FTP semble lui plutôt erratique. Mais surtout, c’est le manque d’extensions qui fait gravement défaut. En réaction au lancement de Chrome, sur son blog, John Lilly, président de Mozilla, estime d’ailleurs : « au delà, d’autres innovations fondamentales comme Weave, Ubiquity et Firefox Mobile. Il y en a d’autres qui sont imprévisibles : la force de Mozilla est toujours venue de sa communauté, du code du produit aux milliers d’extensions pour Firefox ». C’est d’ailleurs ce modèle que Google espère reproduire en jouant la carte open-source.
Passage en mode Incognito - DR
Au lendemain de sa mise en ligne, Chrome se présente donc avant tout comme un nouveau navigateur qui tourne bien. Comme la première version d’un projet qui a bien su puisé dans les idées et composants de ses concurrents, et ouvre une nouvelle vision du navigateur, notamment dans l’idée d’un client multi-tâche. Dans cet état, on voit peu de raisons, à moins d’être Googlophile, d’abandonner Firefox 3 (ou IE7) pour adopter Chrome. Son atout, sa force de frappe, réside désormais dans sa capacité à se développer et à proposer des extensions, mais surtout à devenir une plate-forme d’applications, notamment via la gestion de Gears. Car plus qu’Internet Explorer, c’est le système d’exploitation même que Google semble à terme vouloir détrôner en offrant un nouveau type de plate-forme centrale. Avec Chrome, Google ajoute un pion sur l’échiquier non seulement du web, mais aussi du poste Client, particulier comme professionnel. Reste à voir si (et quand) il arrivera à faire tomber le roi.
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