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jeudi 29 novembre 2007 10:48

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Google à la recherche du diamant vert

Le géant du Net investit des centaines de millions dans les renouvelables.

par Christophe Alix

tags : Google , écologie

Des panneaux solaires fournissent 30% de l’électricité du site californien du moteur de recherche - DR

« Moteur de recherche aux ressources financières illimitées cherche ingénieurs pour développement de sources d’énergies inépuisables. » Si Google faisait paraître une annonce dans la presse ces jours-ci – ce qui n’arrivera jamais, le site reçoit un million de candidatures spontanées par an ! –, voilà à quoi elle pourrait ressembler. Du renfort de matière grise, le géant de Mountain View, dans la Silicon Valley californienne, va en avoir besoin pour réussir RE, le nouveau projet « stratégique » annoncé mardi soir par Larry Page, cofondateur de Google. Traduction mathématique du slogan « des sources d’énergies renouvelables moins chères que le charbon », ce plan vise à investir des centaines de millions de dollars dans les énergies solaire, géothermique et éolienne. Un défi de taille : fournir à courte échéance l’équivalent d’un gigawatt à partir d’énergies renouvelables. Assez pour subvenir au besoin en électricité de San Francisco !

Le moteur de recherche mise d’abord sur cette « nouvelle frontière » pour répondre à ses propres besoins énergétiques. Société à la croissance folle dont les services sont utilisés quotidiennement par un milliard de personnes, Google multiplie les installations de centres serveurs dans le monde pour répondre aux requêtes de ses clients. Mais l’ambition de l’ex-start-up, devenue en moins de dix ans la cinquième capitalisation boursière des Etats-Unis (145 milliards d’euros), va bien au-delà. Pour Larry Page, si les efforts de recherche et développement dans les énergies propres accouchent vite de ruptures technologiques majeures, « le monde pourra couvrir une grosse partie de ses besoins en électricité avec des sources renouvelables et réduire ses émissions de carbone. Nous espérons aussi, bien sûr, glisse-t-il, faire une bonne affaire au passage. » Une allusion à l’engouement des marchés pour tout ce qui a trait à la « green tech », au point que certains, tel l’économiste Robert Bell, prédisent l’éclatement de la « bulle verte ».

Ce pari sera piloté par la très riche fondation Google et passe par des embauches massives d’ingénieurs, le financement de labos de recherche et de start-up dans lesquelles Google a investi, comme eSolar (solaire thermique) et Makani Power (éolien à haute altitude). Mais ce challenge n’est pas du goût de certains analystes. Ces derniers s’inquiètent que l’idéalisme des deux fondateurs du moteur de recherche ne vienne les distraire de leur cœur d’activité qui consiste, comme Google l’a gravé dans sa charte, « à organiser l’information du monde en la rendant universellement accessible et utile ». Sans oublier sa « monétisation » comme on dit dans l’Internet, en la truffant de millions de – discrètes – annonces publicitaires. « Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’une blague, a réagi Jordan Rohan de RBC Capital Markets. Si je n’ai jamais pensé que la concurrence pouvait menacer la part de marché écrasante de Google, je crois que leur tendance à aller trop loin et à tout vouloir essayer est le principal risque auquel ils sont exposés. » Une critique balayée par Larry Page. Ne pas s’intéresser à ces nouvelles activités vitales pour l’avenir de la planète affaiblirait à terme la position de Google. « Les entreprises qui n’innovent pas sont assurées de ne jamais grossir, elles passent à côté d’opportunités et ratent les prochaines révolutions. » Circulez…

Pour Sergey Brin, l’autre fondateur, ce nouvel horizon « RE« On vit dans l’hypocrisie, on veut disposer d’alternatives. » Si la société refuse de dévoiler sa colossale consommation énergétique, elle a déjà couvert son siège de panneaux solaires qui dégagent 1,6 mégawatt et fournissent 30 % de l’électricité du site. Elle a aussi prévu de compenser le reliquat de ses émissions de CO2 pour atteindre la neutralité carbone en 2008. Avant peut-être de devenir un jour fournisseur d’énergies propres à la Terre entière…


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