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mercredi 15 février 2012 16:27

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Google joue au docteur

par Camille Gévaudan

tags : santé , Google (recherche)

DR

Vous avez très mal au ventre, du côté droit ? C’est sans doute l’appendicite. Il est aussi possible que vous ayez un kyste ovarien si vous êtes une femme. Mais ne négligez pas le risque d’une hernie, voire d’un calcul rénal. Et avez-vous pensé aux troubles fonctionnels intestinaux ?

Bonne nouvelle : si vous n’êtes pas encore hypocondriaque à ce jour, vous allez bientôt pouvoir le devenir grâce à Google. Le moteur de recherche vient en effet d’inaugurer une « amélioration » de son algorithme, qui permet de suggérer « une liste d’affections possibles » quand on cherche « un symptôme ou un ensemble de symptômes ».

Concrètement, Google a modifié son moteur de manière à reconnaître certains mots-clés dans les requêtes des internautes — comme « douleur », « mal », « enflé »... Puis il parcourt automatiquement quelques sites relatifs à la santé pour y trouver ces termes, et sur les pages où ils figurent, Google extrait le nom des maladies ou des troubles qui sont décrits. Les cinq maladies qui reviennent le plus souvent sont alors proposées à l’internaute pour « affiner sa recherche », avec une brève définition extraite de Wikipédia ou d’un site institutionnel.

 

Recherche avec les mots « troubles respiratoires et fatigue » : Google suggère l’asthme, le stress, la broncho-pneumopathie chronique obstructive, l’insuffisance cardiaque et l’hypertension artérielle.

 

« La liste des affections est agrégée à partir des articles en ligne qui traitent des symptômes que vous avez cherchés », résume Roni Zeiger, responsable de la stratégie au département Santé (si si !) de Google, avant de rappeler que ladite liste « n’est pas rédigée par un médecin et ne constitue évidemment pas un conseil médical ». Mais si cet avertissement de précaution est écrit dans le billet de blog de Google, il ne sera pas visible sur les pages de résultats où s’afficheront les suggestions de pathologies. Qu’est-ce qui empêchera alors les internautes de prendre trop au sérieux les conseils de tonton Google ?

Une étude révélait en 2011 que 80% des internautes se sont déjà renseignés en ligne sur des questions de santé, et nombre d’entre eux ont aujourd’hui le réflexe de « googliser » leurs symptômes ou de les tester sur le Symptom Checker du site WebMD, très populaire aux Etats-Unis. Mais aujourd’hui, Google ne se contente plus de faire remonter les résultats de recherche de manière classique : il les interprète et les synthétise lui-même. Et identifier des causes médicales bien particulières à partir de symptômes corporels, n’est-ce pas le cœur du processus de diagnostic, que seuls les médecins et les professionnels de la santé sont habilités à réaliser ?

Roni Zeiger se défend de vouloir substituer le moteur de recherche à l’avis médical, expliquant au site SearchEngineLand qu’« il n’y a aucune intervention humaine dans la sélection des pathologies suggérées, que le résultat est purement algorithmique ». Et donc que Google reste dans son rôle, celui d’appliquer des formules de plus en plus sophistiquées mais toujours bêtement mathématiques aux questionnements humains.


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