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mardi 28 juin 2011 17:06

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Google, la transparence en vitrine

par Camille Gévaudan

tags : politique , justice , Google , censure

DR

Quand Google dans situation difficile, Google toujours faire ça. Ca quoi ? Eh bien, détourner l’attention vers les politiques numériques controversées des gouvernements. En se donnant le beau rôle, bien sûr ! Le feuilleton de l’été dernier en est un bel exemple : après plusieurs années à appliquer scrupuleusement les lois chinoises, Google a profité d’une attaque informatique contre leurs serveurs pour accuser l’Empire du milieu de tous les maux et menacer de quitter le pays avec perte et fracas (ladite menace a finalement fait pschitt). Et maintenant, rebelote ! Ces derniers jours, Mountain View a dû serrer les dents pour avouer sur son blog officiel que d’une part, les services Google Health et Google PowerMeter fermeront pour cause de flop, et d’autre part, qu’il était sous le coup d’une enquête des autorités américaines de la concurrence pour un éventuel abus de position dominante. Qu’à cela ne tienne, on renfile le costume du chevalier blanc de la transparence !

Voilà donc que Google publie un grand Rapport de transparence listant tous les ordres gouvernementaux auxquels il a dû obéir en supprimant certains liens ou contenus de ses serveurs. « Quand on reçoit une telle requête, explique Matt Braithwaite, de l’équipe « Transparence », on vérifie avant d’y accéder qu’elle est conforme à la loi dans l’esprit et la lettre. Quand c’est possible, on informe les internautes concernés des éventuelles conséquences pour leurs données. Et si l’on estime qu’une requête vise un champ excessivement vaste de contenus, on cherchera à la restreindre. »

Le rapport lui-même est fort intéressant. Découpé en trois périodes de six mois allant jusqu’à la fin de l’année 2010, il classe les requêtes de suppression par pays d’origine et par catégorie.

Un grand tableau récapitulatif permet de dresser des podiums : au deuxième semestre 2010, c’est le Royaume-Uni qui a fait disparaître le plus de données avec 93 518 suppressions, devant la Corée du Sud (32 152) et le Brésil (12 363). Mais dans ce dernier pays, par exemple, seules 76% des requêtes ont été suivies d’effet. La Corée du Sud semble plus pertinente (ou plus persuasive) dans ses demandes : Google a obéi à 100% de ses ordres.

Les petits boutons « i » affichent des exemples significatifs de requêtes dans certains pays : un retrait de vidéo YouTube simulant l’assassinat de Silvio Berlusconi, 43 contenus violant les lois thaïlandaise de lèse-majesté, des liens vers des sites nazis en Allemagne...

 

 

En France, 116 contenus ont été signalés à Google sur les six derniers mois de l’année 2010, par le biais de 23 décisions de justice ou ordres administratifs différents. Google a accepté 96% de ces requêtes, qui comptaient 107 résultats de recherche, billets de blogs et « Google docs » diffamants, 8 vidéos dont 2 pornographiques et 4 haineuses...

 

 

Tout aussi passionnantes à décortiquer, les requêtes gouvernementales exigeant de Google qu’il transmette des informations personnelles sur ses utilisateurs. « Attention aux chiffres : il peut y avoir des requêtes multiples demandant des informations différentes sur un même compte. En raison de la complexité de ces requêtes, les chiffres que nous publions ne reflètent pas le nombre total d’internautes pour lesquels nous avons transmis des informations aux agences gouvernementales. » Les États-Unis arrivent en tête avec 4 601 demandes, devant le Brésil et l’Inde (1 700-1 800 demandes). La France est 4e du classement avec une augmentation de 25% du nombre de requêtes entre 2009 et 2010. Mais son taux de réponses positives est faible : Google a donné suite à 56% seulement des dossiers.


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