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jeudi 26 janvier 2012 17:10

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Google : plus clair, plus pratique... et plus angoissant

par Camille Gévaudan

tags : vie privée , Google

Les différents services Google partagent désormais les mêmes conditions d’utilisation... et les mêmes informations personnelles.

L’air de rien, dans une de ces petites animations choupinettes dont ils ont le secret, Google annonce avoir « fait un petit peu de ménage ». Ce n’est rien de le dire ! L’entreprise vient en effet de compiler, compresser et compacter des dizaines de documents juridiques pour produire une page unique, qui définira à partir du 1e mars les conditions d’utilisation communes aux 60 principaux services en ligne de Google. L’effort de transparence et de lisibilité est énorme.

« Nous avons bien sûr consulté les autorités de protection de la vie privée comme la CNIL en France », a expliqué Peter Fleischer, responsable de la confidentialité à Mountain View, en présentant ces changements mardi matin. « La simplification de nos politiques pour plus de lisibilité nous semble aller dans le sens de ce que préconisent les différentes autorités ». Et en effet... Même la commissaire européenne Viviane Reding, habituellement avare en compliments à l’égard de Google, a applaudi hier la « rapidité » de leur travail : « Google est le premier à avoir fait un tel pas dans le domaine de la confidentialité, et je ne peux qu’encourager les autres entreprises à les suivre dans cette direction. »

 

 

Mais à part un indéniable gain de temps à la lecture des « CGU », à laquelle chaque internaute est censé se plier avant de se créer un compte Google, quelles seront les conséquences concrètes de tels changements ?

Une « expérience » de navigation « plus simple et plus intuitive », bien sûr ! Puisque tous les services Google deviennent étroitement liés les uns aux autres, Google traitera désormais l’internaute comme « un utilisateur unique » quel que soit le site qu’il visite. Les profils d’utilisateur, les informations personnelles, les historiques de navigation seront mis en commun. « Dès que vous êtes connecté avec votre compte Google, nous pouvons combiner ces informations », prévient le blog officiel, avant d’illustrer son propos par cet exemple : « on pourra vous envoyer des notifications de rappel si vous risquez d’arriver en retard à une réunion. » Et comment le sauraient-ils, je vous prie ? C’est extrêmement simple : Google sait que vous avez une réunion dans le 13e arrondissement de Paris à 15h30, car vous l’avez enregistrée dans votre Google Calendar. Ils savent que vous êtes encore chez vous à 14h52, car le GPS de votre téléphone Android vient de le cafter. Et ils savent que les rues de Paris sont très embouteillées ce jour-là, grâce à une fonctionnalité de Google Maps. Donc ils savent que vous n’avez aucune chance d’arriver à l’heure, et ils peuvent vous le faire savoir. Formidablement pratique ou terriblement angoissant, c’est une question de point de vue...

Parmi les données sur lesquelles Google s’autorise à mettre la main, on compte notamment :
- les « données que vous nous fournissez » — nom, photo, adresse e-mail, numéro de téléphone ou carte de paiement si elle a été utilisée via Google
- les « données que nous collectons lors de votre utilisation de nos services » — modèle du smartphone, version du système d’exploitation, données relatives au réseau mobile, numéro de téléphone, celui de l’appelant, heure et date des appels, durée, données de routage des SMS, requêtes de recherche, adresse IP, rapports de plantages, langue du navigateur, URL de provenance, cookies...

 

 

Deuxième conséquence de cette fusion inter-services : grâce aux informations personnelles glanées ici et là puis rassemblées dans un seul dossier, Google pourra établir un profil beaucoup plus précis de ses internautes-clients et leur « fournir des publicités plus pertinentes » (ils savent vendre du rêve !). On imagine par exemple que les centres d’intérêt repérés sur un site particulier pourront influer sur les publicités de tous les autres sites Google. Ainsi, si l’on parle de « burger au bacon » à un ami, dans un e-mail qu’on lui envoie, Gmail ne se contentera plus de réutiliser ces mots pour choisir ses propres publicités contextuelles. Il transmettra l’information à Blogger, Google Maps, YouTube et les autres, pour qu’eux aussi puissent mieux « cibler » leurs bannières. Et l’internaute burger-ophile risque fort de se voir proposer le McDo de son quartier s’il ouvre Google Maps sur son smartphone.

La publicité ciblée a toujours été au cœur des activités de Google, au point qu’elle fait partie intégrante des « dix points » qui résument la philosophie de l’entreprise. « On peut faire de l’argent sans faire de mal », dit le texte en question, à partir du moment où les bannières restent non-intrusives, sobres et très précisément ciblées, car Google se dit persuadé que parfois, « la publicité peut fournir des informations utiles ».

Tous les internautes disposant d’un compte Google seront appelés, dans les prochains jours, à lire et à accepter ces nouvelles conditions d’utilisation. Et en cas de refus, Google rappelle qu’il est (plus ou moins) facile de récupérer toutes ses données avant de clôturer son compte.


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