mardi 1er juillet 2008 12:57
Google, soutien d’Obama malgré lui ?
par Astrid Girardeau
tags : politique , blog , Google
CC Wa-J
Google aurait-il essayé de faire taire les opposants à Barack Obama ? Si cela semble peu vraisemblable, la question agite la blogosphère américaine alors que, la semaine dernière, les auteurs de sept blogs anti-Obama hébergés sur Blogger, le service de Google, se sont vus interdit de mise à jour. Tous accusent les partisans d’Obama — voire Google — d’être derrière ce blocage. « Ca doit être sympa pour Barack Obama d’avoir un allié assez puissant pour réduire au silence ses opposants comme ça ! », s’enflamme ainsi Warner Todd Huston sur New Busters. Mercredi dernier, 25 juin, ces blogueurs (Blue Lyon, Come A Long Way, Hillary or Bust, McCain Democrats, NObama Blog, The political lizard annex,
Reflections in Tyme) recevaient un message de Google leur expliquant : « votre blog a été identifié comme un blog potentiel de spam. Vous ne pouvez plus publier de posts sur votre blog jusqu’à ce qu’on ait revu votre site et confirmé que ce n’est pas un blog de spam ». La plupart soutenaient la sénatrice Hillary Clinton et sont maintenant affiliés au réseau anti-Obama JustSayNoDeal.com (« Dites non à une alliance »). Aujourd’hui, tous accusent les partisans d’Obama d’être derrière cette « attaque ». En haut de chaque compte Blogspot, un drapeau « Marquer le blog » permet à chacun de signaler, en cliquant dessus, un blog suspecté de publier du spam. Un message est alors envoyé à Google pour une vérification humaine. Selon ces blogueurs, les pro-Obama auraient marqué leur blog afin de les réduire au silence alors que Clinton et Obama se retrouvaient ce dimanche pour montrer leur unité dans la course à la Maison Blanche. Une suspicion relayée par de nombreux autres blogs et sites politiques américains. « L’incident met en lumière les relations en ligne souvent controversées entre les partisans d’Hillary et d’Obama. Des sites populaires comme Digg.com ont constamment proposé des liens anti-Hillary », estime ainsi Simon Owens. En réponse, hier, Adam Kovacevic, porte-parole de Google a déclaré avoir constaté le blocage de certains blogs, provoqué selon eux « par une masse de spams mentionnant le réseau de blogs “Just Say No Deal”. » Il explique que du coup leur « système a classé à son tour les adresses mentionnées dans ces mails comme étant du spams ». « Nous avons rétabli le droit de publier des blogs qui ont été touchés », poursuit-il avant de conclure : « il est très important pour nous que Blogger reste un outil pour le débat politique et la liberté d’expression. » L’absence d’excuse et de plus amples informations techniques sur le filtrage du spam de Blogger n’a fait que renforcer les aigreurs et la polémique. Beaucoup remettent par ailleurs en cause la politique « coupable jusqu’à preuve d’innocence » de Blogger. « C’est ce qui m’a le plus frustré », explique ainsi Carissa Snedeker de Blue Lyon qui a décidé, comme d’autres, de migrer son blog sur le concurrent Wordpress.
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